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	<pubDate>Fri, 23 Jul 2010 23:08:02 +0000</pubDate>
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		<title>L&#8217;homme du Lockheed</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Jul 2010 16:17:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Fictions]]></category>

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		<description><![CDATA[L’exil, la rupture et le voyage, tous trois coincés dans une carlingue ailée s’éclipsant vers la mort. L’acceptation qui donne à l’homme la possibilité de vivre. Un ricochet sur lui-même, alimenté par le spleen d’un pays qui s’engouffre vers le non-retour. Une terre qui pénètre l’ère du démon. L’invasion diabolique sur la ville, les monts [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L’exil, la rupture et le voyage, tous trois coincés dans une carlingue ailée s’éclipsant vers la mort. L’acceptation qui donne à l’homme la possibilité de vivre. Un ricochet sur lui-même, alimenté par le spleen d’un pays qui s’engouffre vers le non-retour. Une terre qui pénètre l’ère du démon. L’invasion diabolique sur la ville, les monts et récifs qui voient naître un écartelé. Un jour de 1900, projeté dans la quête ultime d’un destin singulier. Une existence habillée de déchirures profondes. Il dévisage la planète en silence. Il en scrute les moindres replis. Il réside à toutes les lisières, participant au dessin de l’inexploré, de l’impossible fatalité qui blesse. Un homme contusionné comme la force de ses ténèbres internes. Des courants qui assassinent son psychologique. Les salves d’un désespoir tonitruant dont lui seul peut analyser le gouffre, lorsque les mauvaises nouvelles s’abattent sur sa personne. Voici la mauvaise nouvelle : le monde est en train de pourrir, il est avarié. Voilà la bonne : cet homme revient le sauver, l’alpaguer, d’où sa présence de ghost phénoménal. C’est un fantôme. Il va récupérer ce sac-poubelle planétaire, pour le larguer sur l’immensité de l’océan et le réintroduire à son origine : l’eau. L’eau et l’homme, mélange nullement uniforme. Sa concentration varie d&#8217;un organe à l&#8217;autre. Il y a 1 % dans l&#8217;ivoire des dents et 90 % dans le plasma sanguin. Outre le sang, les organes les plus riches en eau sont le cœur (79 %), les reins (81 %) et le cerveau (75 %). Il vient purifier l’ordure humaine via la flotte. C’est sa mission.</p>
<p style="text-align: justify;">Il collecte cette fantaisie de pourcentages bizarres, formant depuis mathusalem le miracle de la vie. Il va pourtant bazarder ce prodige chiffré sur la dalle bleutée de l’océan. Calme, il scrute la sale gueule de son ministère. Cette chronique débute par le Bourget où il va reconstituer l’épave de sa machine fulgurante. Elle est sitôt reconstruite à l’identique. Sa tenue de pilote de guerre est la même. Il est étouffé d’une combinaison trop serrée, de câbles et d’un masque à oxygène le rendant méconnaissable. Il déjoue les systèmes de sécurité du musée de l’Air et de l’Espace. C’est un spectre hyalin. Personne ne le remarque. Il appartient au métal de l’action. Au-delà de son opaque cérébral, il est fringué de la sève des hommes qui s’élèvent. Il invite ses passagers à prendre place. Le monde agonisant qui se décompose et brûle. Dans l’aéroplane, toute l’humanité espère de ce suicide singulièrement malade. Le sabordage de la résurgence. L’autolyse de la liberté. La déréliction du passé l’envahit, il fait machine arrière dans sa tête mais lutte et demeure concentré. Loin de son visage tuméfié, il sait sa patrie cramer de la chaleur infâme des brasiers de Satan. Il revient éteindre le brasier. Il va écrire, nous le suivons, nous écrivons. C’est alors la naissance d’un livre, méconnu, oublié, pourtant le plus étonnant. Au diable le mythe de l’homme. Incompris, aucun camp ne le désire, figure humaine bien trop célèbre dans une France de 40 occupée et salie ; figure publique pouvant desservir les intérêts de chacun. C’est l’éclosion du rapport des cendres fumantes du vingtième siècle fracassé. Les infamies prennent corps dans un ouvrage post-mortem : Ecrits de Guerre 1939-1944*.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfants et adultes se souviennent du conte, non des actions cinglées qui le mèneront à l’opération chevaleresque de l’homme du Lockheed**: aller simple abyssal de la Méditerranée. Le process de tous les gestes. Il sort du coma. Il est à présent réunifié dans la cabine, accompagné de plus de six milliards d’humains. Les silhouettes vacillent comme des flammes asymétriques au sein de son intellect ravagé. Des effigies du passé, du présent, du futur. Le commandant s’exhume d’outre-tombe. Il s’extrait d’une nostalgie datant d’un siècle. Il va guider ce globe cacochyme au sein de son aéroplane recomposé pour l’ultime plongeon dans les dolines méditerranéennes. Il a pitié. À y regarder de plus près, c’est bien l’univers étriqué d’un cockpit déjanté qui s’en va périr pour fuir le massacre. L’univers sans broncher dans le silence du ciel. La vacance de l’avion suicidaire est incalculable. Il nous sangle pour ce dernier vol rédempteur. Le commandant persuade la mappemonde de cette opportunité suprême et cette dernière boit les données mutantes de l’homme du Lockheed. Il va nous dicter l’épilogue du livre, des écrits de guerre. Les humains sont enfin disponibles à calancher. Nous décollons.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-482" title="url-5" src="http://www.bizarrecity.fr/wp-content/uploads/2010/07/url-5.jpg" alt="url-5" width="700" height="340" /><br />
Nous sommes confinés dans la limaille. Nous sommes le monde. Nous l’avons toujours été. Nous cherchons notre confort parmi la carlingue. Toute la planète y est entassée. Des vapeurs de kérosène caressent notre flair orgueilleux. La renaissance de ce chaos suicidaire propulsera les bourgeons d’un avenir radieux sur les vomis du cataclysme actuel. À l’intérieur du plan, les écrits belliqueux de notre hégire prêts à pester. Les héros d’hier sont morts pour cette société qui pue. Cette fragrance luciférienne croisée à chaque coin de rue qui alimente le mal de la littérature. La nostalgie s’empare également de nous. Ainsi, nous absorbons le refuge de l’avion afin d’échapper aux sirènes des collabos de ce système brisé au principe de précaution hâtive. Nous observons.<br />
Avez-vous éprouvé la pulsion de monter en haut d’une tour afin de vous jeter dans le vide ?<br />
Avez-vous ressenti le désir de prendre un vol pour disparaître à jamais ?</p>
<p>Nous continuons de pénétrer l’abri aérodynamique du commandant Saint-Exupéry. Nous sommes les lémures d’un jet extraordinaire Nous nous élevons de manière spirituelle lors de ce voyage définitif. Nous sommes délaissés des interrogations futiles, délivrés de toute haine et finement calés pour le grand saut. Nous sommes prêts pour voir si, de l’autre côté, quelque principe EST. Nous virevoltons comme des cinglés dans le ciel. Nous volons. Nous écrivons. C’est une putain de jouissance, peut-être même la dernière de ce monde.<br />
Le peuple, à l’œil proctologique du microscope de l’avion dans lequel nous transpirons, est un sac à merde qui chlingue. Nous allons le sauver, lui, sa chiasse et le reste du monde. Nul ne sera épargné lors du grand nettoyage façon homicide littéraire.<br />
Nous sommes coincés dans le zingue en compagnie de Saint-Exupéry. Nous sommes au-dessus de l’océan et nous allons nous lier à l’hibernation éternelle. Nous habitons le fuselage et le commandant met de la musique. L’opus adéquat afin d’en finir avec le matérialisme rampant. Le regard est désormais tourné vers l’Est. Il augmente le volume. Les points cardinaux en alerte et les sens en éveil. Les tympans explosent sous le bruit de la carlingue défoncée du Lockheed P38 qui ne cesse de grelotter, et la mélodie se cale sur les vibrations de l&#8217;appareil. Nous traçons telle une étoile filante vers la finitude du sommeil intégral. On n’arrête pas la mort, c’est elle qui brûle et rompt tout lien de solidarité envers le proche. La faucheuse a embarqué tout le monde. Point de jaloux. Nous zieutons des ornements fleuris traverser nos regards anémiques. L’esclandre de nos paradis perdus. Les futures couronnes de nos stèles funéraires. Ce qui reste de nos prunelles desséchées se contraste avec le cérulé de l’océan. Maestoso de Chopin dans notre cellule de l’air. Le globe et l’avion vont se crasher de manière digne et exemplaire : comme des putains de kamikazes ! Nous sommes le globe, ce ballon abîmé, et l’on désire soudainement se goinfrer de chimiothérapie en cachetons. Là-haut, point de thé jasmin, ni de lait bio ou autres produits de l’économie solidaire. La raison : on s’en branle, il est trop tard !</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-487" title="url-21" src="http://www.bizarrecity.fr/wp-content/uploads/2010/07/url-21.jpg" alt="url-21" width="588" height="753" /><br />
Nous/le monde, il est trop tard. L&#8217;intégralité de la planète fulmine dans cet aéroplane foudroyé datant de 1944. Ce NOUS déglingué file comme un monarque ailé et l’avion se torsade en aigle royal embrasé et fastueux. Il cicérone avec lui tout ce que l’homme a délaissé depuis le dernier vol du commandant. L’avion est le mentor. Un Lightning Lockheed P38 gouverneur. L’acier du Lockheed possède nos squelettes. Le ciel, tamisé de nuages écarlates, n’empêchera aucunement notre échine de se fracasser en un piqué vertical sur le parvis des flots qui nous attend avec impatience. Nous allons rebondir comme des osselets dépouillés. Nous sommes le point final tellurique de ce zingue alité. Une société honorée de l’invitation extrême. Celle-ci compose son prototype littéraire avec élégance en même temps qu’elle s’abreuve des lyrics aiguisés, poétiques, de la musique incroyablement spirituelle de l’habitacle. Elle sillonne les dernières pages des écrits de guerre du commandant et joint en nota bene les propositions subordonnées de notre ère. Le commandant prépare nos âmes somatiques au suicide sur le béton de l’océan. Nous allons nous ouvrir telle une orchidée, sur le bitume de mer huilée.</p>
<p>L’armature de ferraille tapageuse contient les derniers riverains du monde moderne. Ils se mettent à rédiger leur testament martial sous l’ignition de l’ineptie. Le pilote de guerre supplie de lâcher prise et d’oser mourir. Il impose de faire face au massacre de l’univers. Il décroît comme son bolide, son aigle, sur les derniers soubresauts de cette planète totalement défoncée. Un cosmos sodomisé selon le point de vue stylistique et analytique de chacun. Puis, nous plongeons subitement à la verticale et l’avion pousse un ultime cri psychopathe. Le monde s’égosille de frayeur dans ce Luna Parc du réel. Le commandant sourit d’un rictus apaisé. Il a déjà vécu cela il y a soixante-six ans. Il remet le couvert pour cette humanité ivre qu’il aime tant. Le son à fond, le coucou rugit comme un maboul à la Lemmy de Motörhead. Ça sent la fin. Ça pue et dégouline désespérément la fin.<br />
Il y a d’autres victimes de toutes dynasties, toutes confessions. Un homme est un homme. Simplement, des bobos sont morts de rire et s’en carrent, mais bientôt viendra l’avènement de leur punition. Ils sont les responsables pervers de cette saloperie fécale. Ils vont subir l’histoire de la violence sur leur faciès sodomite cocaïnique. Un simple recadrage de rigueur. Le boomerang poursuit sa course, il finira par revenir se planter façon Mad Max, dans les fronts démagogues abrutis de ses commanditaires. Il est inutile de fuir. Ce boomerang, c’est un siège réservé à l’intérieur de l’avion aux côtés des malades mentaux du globe. Nous avons kidnappé les bobos et ils tirent la tronche. Ces connasses tiers-mondistes sont près du commandant qui va scratcher leur néant sur les vagues assassines de l’océan. Le monde est un Lockheed qu’il est maintenant impossible d’arrêter. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place.</p>
<p>L’humanité observe le commandant, elle attend de sa part un signe, un rire quelconque pour les rassurer. Les bobos chialent et geignent, ils veulent descendre, ils font caca dans leur froc. Les Lofts et duplex de Montreuil manquent terriblement. Il est plus que trop tard, les bobos sont déjà canés. Nous rigolons et ingurgitons une quantité impressionnante de champagne avec le commandant. Nos cervelles glissent sur les notes de Frédéric Chopin. Nous balançons du sale shit parisien aux bobos, comme des Frolix à des clébards désossés en rade de bouffe. Le commandant nous offre un Montecristo n°3 ; quelques milliards de cigares, moins les bobos fumeurs d’un zetla horrible. C’est ainsi, le terme « bobo » désigne une poignée de salopes qui corrompt les données. Un gamin sorti de la masse d’humanoïdes enfumés de l’avion insensé se marre, et lève son majeur en direction des bobos terrorisés. Nous continuons de héler des sons imprécis dus aux bulles bourgeoises réparatrices provenant des caisses braquées chez les bobos avec l’aide du commandant et son zingue au croassement glacial. Charitable, le commandant somme les bio-bobos de ne plus s’inquiéter de rien car paraît-il que c’est une sacrée putain de bringue qui les attend derrière le rideau. Plait-il, répondent-ils outrés ? Oui, une sacrée putain de bringue !</p>
<p>Le commandant n’est pas l’écrivain des récits de guerre. Il est le pilote des écrits de guerre. Un barjo manquant cruellement à notre époque dévastée de problématiques futiles et encombrantes. Un cinglé au regard constamment rivé au-delà du gris cendre des cumulonimbus épars, reflétant leur anthracite sur un monde à l’agonie. Un éteuf fragile et prisonnier à l’intérieur du Lockheed, qui pique du nez comme une carne de comptoir complètement torchée. La voûte céleste en silence s’égosille de mille chagrins ensevelis. Nous allons refouler les bactéries, d’un mollard agressif sur l’urbanisme maritime. Nous survolons les nouveaux nazismes de ce troisième millénaire. Nous pleurons et plions devant ce sort cadavérique, dont nous allons nettoyer le purin sur nos dermes crasseux. Le commandant, lui, bouscule l’homme bancal enchaîné qui crève piteusement. Le gosse refait surface. Son ADN narre l’historique de multiples attouchements bobo-pédophiles. Le pti’connard a trop bu et sort un flingue de nulle part et allume son bobo tortionnaire qu’il reconnaît, alors que l’avion braille et chute vertigineusement. Le bousilleur de môme passe l’arme à gauche avant de frapper l’océan. Balle au centre.</p>
<p>Saint-Exupéry sait qu’il n’y a point d’acquis ici-bas et que jamais il n’y en aura. Il enveloppe l’humanité. L’avion la traîne où elle ne désire pas aller. Le peuple angoisse, mais a confiance et suit. Nous survolons la France famélique vidée de ses SS, rapatriés dans l&#8217;appareil pour ce crash inouï. Le commandant doute, accablé d’une incertitude précaire qui l’assiège et le ruine. Il disserte sur l’humanité en sang. Nous doutons et écrivons avec lui nos écrits de guerre introspectifs et sanglants, en achevant quelques bobos supplémentaires en hommage au gamin défoncé du ciboulot. L’homme du Lockheed est du verbe et des actes. Il est ce pour quoi le ciel l’envoie. Relire le commandant, c’est tutoyer l’énigme du sens. Nous ferons entièrement corps avec le sens de l’écume et des vagues. Nous allons nous approprier le cimetière des Lockheed Ligthing P-38. Le monde va s’écraser, il va infiltrer la mort, ce grand corps froid. Ce n&#8217;est pas le risque que j&#8217;accepte. Ce n&#8217;est pas le combat que j&#8217;accepte. C&#8217;est la mort***.</p>
<p>Les bobos sont littéralement liquéfiés. Notre regard sur l’avenir est d’un sombre hallucinant, en conséquence somptueux. C’est une mélancolie rare qui s’éloigne de ce principe de précaution bâtard, d’un troisième millénaire où vivre est devenu un immense délit. Il est bien connu que la France aime cracher sur ses propres enfants. Il est bien connu qu’elle engraisse les ennemis de la vie et désintègre ses filles et fils habités du fondement même de la création. Il est bien connu qu’elle vomit l’artisan et soigne comme un chirurgien le syndicaliste fonctionnaire. Alors, l’artisan s’en va ailleurs, il part illuminer de son pouvoir d’artiste, de compagnon, la nouvelle terre qui l’accueille. Le Lockheed enlace nos âmes carbonisées. Nous sommes ces filles et fils condamnés. C’est le bordel à l’intérieur de nos psychiques perfusés. Saint-Ex nous oblige vers la postérité du silence parfait. Le monde rumine et prie sur les vibrations de l’appareil. Il flippe un maximum. Il est inguérissable et n’a nulle part où fuir. Chopin délivre les âmes. Chopin les reconstruit habilement de ses singulières partitions. Chopin les met à l’amende lors de cette verticalité gueularde. Le monde/nous… la bouclons, tirons âprement sur le havane et demeurons soumis à la carlingue, Chopin, l’avion, au piano, comme des salopes SM liées à la torture.<br />
1944-2010, nous visualisons le visage de la folie. Une démence trouble, dévastatrice, brutale et sans pitié. Pourtant, lors de la progression de ces recto-verso, nous transcendons la nébulosité de l’histoire du monde. Nous la sublimons par la douceur d’une prose suspendue entre chaos et absurdité, beauté et mysticisme. C’est un déferlement d’adjectifs meurtriers sur le ratio parfois nécessaire de la guerre. L&#8217;appareil décline comme une balle pour renaître du néant. Le monde à l’intérieur, prêt à se dilater sur le ciment de la mer. Il n’y a point de DCA, du moins pas encore. L’homme du Lockheed, astre filant vers sa destinée du grand bleu éternel. L’univers et le pilote de combat, nous et la lumière coincés dans la coque charivarique. Encore un effort. Nous allons franchir le passage étroit menant à la postérité. Quelques pieds résident entre nous et le détachement total. Nous sommes une humanité défoncée. Nous sommes un essaim bringuebalant en chute libre. Nous commençons à nous craqueler et geler. L’écho de notre diction agresse les phrases du chapitre final des écrits de guerre. Le commandant se liquéfie avec nous. Le monde, l’avion et le pamphlet s’embrasent, comme un cocktail Molotov balancé en traître contre un car de flics isolé au milieu d’une manif syndicaliste qui part en couille.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-485" title="dads-beach" src="http://www.bizarrecity.fr/wp-content/uploads/2010/07/dads-beach.jpg" alt="dads-beach" width="600" height="450" /><br />
Nous approchons.<br />
Deux mètres.<br />
C’est le crash.</p>
<p>Nous rencontrons l’acier de l’océan. Nous nous déchirons. Nous mourons. Nous quittons désormais ce monde imparfait. Le commandant nous étreint dans la mort. Nous traversons enfin le tunnel. Partout des scintillements d’une luminescence incroyable. La sérénité nous accueille. Nous l’embrassons. L’avion immolé commence à couler et rejoindre sa place initiale du cimetière des Lightning Lockheed P38. Les cigares sont particules trempées. La musique persiste. Les doubles-croches de Chopin se répandent sur nos corps broyés. La voix du commandant résonne et perturbe nos otolithes défoncés. C’est la voix de ses bouquins éternels, une ode à la vie, une joute de la mort. Elle nous frappe de plein fouet comme cet aérodyne psychopathe, doloriste, de la tombe aquatique. L’appareil poursuit sa déchirure sur le zinc de la mer et son fracas terrorise nos âmes désormais libérées. Paradoxalement, celles-ci coulent et s’élèvent entre mer et ciel. Le silence investit cette dualité. Nous glissons et montons, entre abysses et firmament. Le crash du monde a bien eu lieu. La charogne est épurée, les bobos désintoxiqués. Adieu. Silence. Électrocardiogramme horizontal. Rideau.<br />
Nous écarquillons soudainement nos prunelles avec facilité, des iris extraordinaires. Nous sommes nus et tout autour, il n’y a absolument plus rien. C’est écarlate et vide, qui plus est, difficile à décrire tant c’est à sec. Chacun de nous tient une feuille blanche dans la main droite et un stylo plume noir dans la gauche. Nous sommes le plus grand livre qui ait jamais existé. Une œuvre vierge, vidée de l’immensité des verbes de la terre que nous avons fuie. Nous sommes des milliards à perte de vue. Nous nous asseyons machinalement en tailleur et nous réalisons que… étrange… C’est une naissance, une douleur puerpérale incommensurable. Néanmoins nous sommes là, pudiques, dans le plus simple apparat : notre peau. Nous sommes pilés comme des rats de laboratoire prêts à endurer des tests biochimiques éprouvants. Nous respirons et déposons spasmodiques, l’encre illimitée sur le papier. Nous écrivons, l’alphabet immortel s’organise. Nous sommes vivants. Le stylo vacille et crée déjà l’incipit de ce manuscrit unique. La feuille nous éblouit, elle se met à nous parler et se présente poliment. Nous l’écoutons avec attention. « Voici mon nom : livre de la paix. » L’homme du Lockheed dort profondément. Silence. Nous écrivons. C’est une putain de jouissance, peut-être même la première de ce monde.</p>
<p>* Antoine de Saint-Exupéry - Écrits de guerre 1939-1944, Gallimard.</p>
<p>** Le Lockheed P-38 Lightning est un avion de chasse de la Seconde Guerre mondiale. Le P-38 Lightning et ses dérivés photo ont été utilisés sur tous les théâtres d&#8217;opération de la Seconde Guerre mondiale par l&#8217;USAAF. C’est l’avion dans lequel Saint-Exupéry disparut le 31 juillet 1944.</p>
<p>*** Antoine de Saint-Exupéry - Pilote de guerre (1942) Gallimard</p>
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		<title>GLAUQUE LAND</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Jun 2010 17:16:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Fictions]]></category>

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		<description><![CDATA[ Aucune explication rationnelle ne peut s’extraire du rendez-vous planétaire des fans footeux décérébrés à la Kro et au cubi de rouge bon marché. À Glauque Land, le cartésien ne se « Freud » pas. C’est un spleen qui désagrège chaque jour des destins apathiques. C’est une désolation comme regarder en boucle le salaire mensuel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span> </span>Aucune explication rationnelle ne peut s’extraire du rendez-vous planétaire des fans footeux décérébrés à la <em>Kro</em> et au cubi de rouge bon marché. À Glauque Land, le cartésien ne se « Freud » pas. C’est un spleen qui désagrège chaque jour des destins apathiques. C’est une désolation comme regarder en boucle le salaire mensuel de Ronaldo à 1.083.000 €. Glauque Land est un rat déglingué crevant sous l’assaut intensif d’expériences biochimiques d’un des laboratoires clandestins <em>d’Olivier Cappaert</em>. L’officine du football business et son insupportable <em>merchandising</em> décimant les derniers neurones de M. Glauque. Ce dernier encaisse en silence. Il a honte mais nage dans cette bouse du sport spectacle pour nourrir ses facultés. Il vénère les <em>cailleras blingblang</em> du ballon aux ornements assassins pour sa santé. Il laboure son propre malheur à coups de dribles, de tacles, et autres fautes d’arbitrages qu’il ne néglige nullement de rapporter à tout le voisinage de cris psychopathiques. Des épithètes datant au bas mot de plusieurs millions d’années. Un environnement agissant malheureusement de concert avec l’aliéné chaque soir de grand match. Par ailleurs, il n’omet point de décimer son entourage ; vétille indispensable au sein du lent processus d’éradication de son existence personnelle. Il fait tourner la <em>football-bactérie</em> et fournit ses proches en germe dégueulasse. Il joue collectif, il est sympathique. Ainsi, il contamine sa femme de ses exhortations, comme les <em>Hiv 1<sup> </sup>et 2</em> d’un travelo tout éclaté du Bois de Boulogne plombent un mec blasé du cul de sa gonzesse.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Glauque Land n’est pas un mythe, il sévit aux quatre coins de l’hexagone. Il est une tristesse démesurée loin de la technicité du sport de haut niveau. C’est au fond un enfant qui se perd, et les millions du football paillette le crèvent. Les liasses édifient sa sépulture au cimetière de sa ville pourrie. Glauque Land, lors de cette ivresse démoniaque qu’il ne maîtrise plus, s’avilit totalement. Ce soir, Glauque est au summum de son affection envers Satan qui le <em>piranhas</em> par tous les pores de son derme. <em>Ibrahimovic, Henry</em> et consorts, représentants officiels de Belzébuth pour le mois en cours, vont lui prendre les derniers millimètres de son existence cancérigène à coups de pétrodollars télévisuels. Glauque Land vient d’apprendre qu’<em>Henry</em> tourne à presque 8.000.000 € net d’impôt annuel. Glauque Land n’en peut plus, mais il la joue grande gueule et prétend, flinguant ainsi son naturel qu’il refoule à en crever. Intérieurement il implore pitié et quémande de l’aide, mais aucun retour en arrière n’est possible. Les névroses sont bien trop métastasiques. Ses limites, depuis longtemps outrepassées. Glauque Land est en sursis. Il le sait, mais n’ose l’avouer. Le foot business et la grammaire improbable de ses protagonistes l’ont anesthésié. Glauque observe sa femme qui rôde autour de la cuisine. Il ne lui confère nulle grâce du passé. Ce soir, il s’agit de lui, mais aussi d’elle qui vacille, carbonisée au coup de tête de Zidane et des millions de ce dernier. Le séisme est imminent<em>.</em> L’épouse de Glauque s’étiole tel un chrysanthème déposé sur la tombe d’un cadavre fraîchement logé au fond du caveau familial. Elle sait également que le salaire de <em>Samuel Eto’o</em> émargeant à 10.500.000 € annuel a fini de vidanger le cerveau de son époux. Dans le coma, son bulbe regrette de s’être épris lors d’un moment confus de sa jeunesse prometteuse, d’un putain de supporter de football. Ce soir, c’est l’ouverture de la Coupe du monde, mais avant tout, le premier match de l’équipe de France. Sa came exécrable de mari l’a fumée. Elle veut maintenant en finir.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Cet homme qu’elle répugne à présent, la précipite dans ses combines de matchs de Coupe d’Europe, de championnat et de World Cup sponsorisés en <em>Kro</em> et tanches de <em>Carré de Vigne </em>plastifiées à deux euros max. Elle accomplit ce rite infâme depuis des années. C’est la vérité. Cette conjointe autrefois allègre s’est refermée comme une orchidée privée de lumière. Un charme du passé gavé de toutes les molécules possibles d’antidépresseurs de la toxico pharmacologique. Sa peine est extrême. Elle pénètre la mort dans une gradualité déconcertante. Le football qui <em>Sodome et Gomorrhe</em> son Glauque Land de mec la conduit par la main au cimetière de ses rêves. Un lieu désormais sur lequel elle mise tout, envisageant les joies futures du repos éternel. Elle n’a qu’un « but » : tirer le rideau sur son destin qu’elle laisse filer au contact de ce trisomique excité du coït ballon/filets. Ce vendredi, à l’approche du grand trépas, elle va se tirer une balle. D’ailleurs, elle a acheté un flingue dans une cité du nord-est parisien. Du gros calibre qu’elle a du mal à tenir dans sa main frêle et fragile. Elle est à cran. Il y a de quoi. Son farfelu exalté du casque lui a programmé le nec plus ultra d’un dîner entre amis. Ce prototype qui ressemble à un évadé de <em>Ville-Evrard*</em> est la cible favorite des revendeurs d’<em>LCD</em> et de plasmas. Il a investi en conséquence. Résultat : France-Uruguay à domicile avec la meute qu’il a conviée pour l’occasion. Des fous furieux hurlant déjà comme des bœufs. Pour elle, la ligne rouge est franchie, mais elle doit tenir encore un peu. Pas longtemps, jusqu’à la mi-temps. Ensuite, elle lui mettra jusqu’à l’os.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Alors, au bout du rouleau, elle ira discrètement se reclure dans la cuisine. Q.G où missiles de <em>binouzes</em> et de bouffes comblent les pulsions du conjoint galérien et ceux de ses complices au Q.I de moule. Sereinement, elle s’enfermera à double tour, fermement décidée à éradiquer son karma de bonniche. Usée, elle déroulera le cinématographe de sa vie si délétère et se laissera glisser le long de la gazinière. Elle recevra l’écho du timbre de son père peu avant qu’elle ne se marie, la suppliant de ne pas s’unir avec ce psychopathe extrait d’un asile psychiatrique** de la banlieue parisienne. Un dernier remord assassin viendra la boxer. Enfin, après avoir maintes fois répété son geste salvateur, elle se fera sauter la tête ; aller simple salutaire hors de ses catacombes massacrées. L’agitateur du troupeau alcoolique restera captivé, vicié par les chimères mythomanes de la télécommande. D’ailleurs, Glauque Land jubile entouré de ses mystérieux phénomènes. Ils sont des clones fantasmant sur des dorures auxquelles ils n’appartiendront jamais. Des <em>V.I.P</em> de la mouise dont rien ne peut arrêter la dégringolade. Voilà, on y est. Elle pénètre dans la cuisine et s’enferme. Le match débute dans une cacophonie disparate. C’est chaud. Le Kop devient aussi abruti qu’un accélérateur de <em>Supercinq Gt Turbo</em> enfoncé à bloc. Glauque Land is ready, ça tombe bien, sa femme aussi.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span><img class="aligncenter size-full wp-image-463" title="angeflingueglocqland" src="http://www.bizarrecity.fr/wp-content/uploads/2010/07/angeflingueglocqland.jpg" alt="angeflingueglocqland" width="350" height="264" /><br />
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Le <em>Glauque Land Crew</em> est déjà complètement torché. À cette heure, ils sont les conjugueurs professionnels d’un langage radioactif très singulier. Glauque est jouasse et se contrefout pour le moment de savoir ce que sa moitié bricole. Il étudie avec ses potes le calendrier des matches à venir de l’événement interplanétaire de l’été 2010. Des bringues prometteuses accompagnées du dernier <em>LCD</em> qu’il vient tout juste de s&#8217;allouer à crédit sur les 24 prochains mois armé de sa nouvelle carte <em>Cételem</em> spéciale World Cup 2010 in <em>South Africa</em>. Un rectangle à puces lui autorisant déjà une nouvelle levée de fond de 7800 euros. Un pourboire de footeux que bien entendu, il lèvera. Pour cette Coupe du monde 2010, ce crâne mutilé est prêt à tuer. En parlant de carnage, sa femme murée dans le silence les entend aboyer. Glauque Land vitupère, offrant à ses potes un état des lieux de sa dernière acquisition <em>high-tech</em>. Il trinque et ne pense pas à ce énième crédit de consommation, qui vient de pénétrer à sec le compte commun de ce couple mal-en-point. Il est à bloc et se la raconte face à son groupuscule complice de vinasse et de ballon. Il est dans son présent. Il ne remarque rien. Le groupe s’invective façon vache laitière du salon de l’agriculture.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Effectivement, personne n&#8217;auditionne la terrible détonation qui est étouffée par le son de l’écran, et les hurlements psychotiques du Kop qui explose d’une seule voix sur une injuste appréciation de hors-jeu. Les injures pleuvent. Glauque débat, boit, rote, hurle en harmonie avec sa bande de dégénérés. L’Uruguay et les cailles sont à égalité. Glauque Land et ses complices de litron règlent leurs automatismes lors de l’incipit de la fiesta sud-africaine. C’est une déflagration dantesque. Il ne distingue point sa femme qui gît déjà dans une mare de sang. Les cons sont dans leur match. Ils font corps avec le match. Ils sont ce putain de match.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Satan, <em>Cissé, Domenech</em> et le team de l’impossible les souillent. Le Kop tance l’arbitre des avanies les plus exécrables que leur matière grise de truies reptiliennes recrache à l’intérieur d’une haine surchargée. Lui et ses alliés sont maintenant calés dans la compétition. Un cauchemar planétaire qui frappera un milliard de psychismes profanés. Arrive la mi-temps. En manque de bière et de vinasse, il meugle à sa femme raide morte un réassortiment du stock avant que les <em>Ribéry, Gallas, </em>et autres <em>wesh gros, nique ta mère cousin</em>, ne reviennent chauds bouillants en découdre avec l’équipe adverse. En charpie sur le sol de cette foutue cuisine qu’ils ont mis six ans à rembourser avec une carte <em>Sofinoga</em> aujourd’hui périmée, elle s’en tape et ne répond pas. Glauque s’est totalement déprécié. L’âme du gosse meurt toujours à l’intérieur d’un crâne d’œuf qui s’éveille. Perpétuellement dans le match, les ploucs refont les actions de la première période. Ils n’ont nullement atterri de leur féerique cérébral, pendant que lui se lève et met une grosse patate dans la porte de ladite cuisine, sur le chemin des chiottes. Il va pisser. Il pisse, soulageant sa vessie du liquide qui l’oppresse et cartonne ses reins à coups de toxines squatteuses. Il pousse sur sa prostate en émettant un rot singulier. Puis, il sort des <em>W.C</em> vacillant et s’avère particulièrement excédé de la non-collaboration de madame.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Il remonte sa braguette devant l’accès bouché qu’il vient juste de tabasser. Le tapage dans la baraque est à son comble. Il essaye de pénétrer l’alcôve mortuaire, mais en est empêché par la serrure casse-couilles. Il commence à proférer des menaces de ses cordes vocales alcoolisées. Il déblatère un tas d’insultes à l’endroit de sa défunte épouse qui chemine vers la paix. Bourré, il ne saisit pas la situation car cette satanée lourde les sépare. Les compères floqués du Coq font subitement silence en visualisant leur pote fêlé forcer le passage. Ils le rejoignent dans un élan solidaire, se remettant à blatérer comme des dromadaires surchargés d’une caravane de touaregs sillonnant « pépère » le Sahara. Le Kop a besoin de <em>tiser</em>, point barre. S’y mettant tous, ils commencent à savater la protection boisée comme des charognards en manque de carne. L’accès éclate enfin, et l’horreur graphique d’un cadavre féminin avec une moitié de tête arrachée leur saute violemment à la gueule. Le réel les rattrape et dévaste d’une façon abominable l’intérieur de leur psychologique de chèvres. Partout trônent des <em>Kro</em> mortes que la femme de Glauque Land a vidées avant de se faire sauter la caboche. Les bouteilles reflètent l’effigie des tarés, désormais silencieux face à ce saccage inimaginable. Sur le meuble mural en contreplaqué fragile, un majeur est dessiné au marqueur noir, accompagné du message suivant : « Va te faire foutre ! ».</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Sans se faire prier, le Kop prend la tangente. Les porcs sont terrorisés. Tout s’accélère. Glauque Land est en génuflexion et chiale sur le corps méconnaissable de son joyau à l’état de détritus. Une dépouille délaissée pour la théologie du Kop. Le sang de sa femme se joint à ses pores d’alcoolique. Il pleure, il a mal, il est mal. Il la tâte pour vérifier si tout ceci est tangible. Il s’y prend comme un manche. En un dixième de seconde, il assimile dans un regroupement intellectuel extraordinaire, qu’il a complètement foiré. Néanmoins, le <em>soccer-fan</em> à des ressources inouïes. Alors, comme par un épiphénomène nommé miracle, il entend les crachins confus du téléviseur flambant neuf rallumant son ogive de décérébré. Il pivote son faciès bariolé. Lentement, il se ressaisit en quête de ses acolytes qui l’ont laissé dans la merde, puis il se lève et nettoie <span>de</span> ses mains crades le gros du sang qui commence à coaguler sur ses fringues. Il gueule en constatant son maillot neuf payé à coups de cartes <em>Go Sport</em>, maculé de cette hémoglobine dégueulasse. C’est un premier râle de résurrection en matant au passage le message d’adieu que lui a laissé sa femme.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Il réfléchit. Du moins, il essaye. Ça remue sec à l’intérieur de ce zombie du vingt et unième siècle. En colère, il file un grand coup de <em>tatanne</em> dans le bas-ventre de sa raide de bonne femme. Un bijou éteint. Il rameute à nouveau sa section, mais il se rend compte qu’elle ne reviendra jamais. C’est à cette seconde que son LCD dernier cri raflé chez <em>Boulanger</em> le sort définitivement de sa léthargie. La deuxième mi-temps va débuter d’une seconde à l’autre. Il hallucine sur les <em>golios</em> en crampons <span>réinvestissant</span> la pelouse, le sommant de rappliquer fissa. Ragaillardi, il décapsule une <em>Kro</em> épargnée par sa femme : la dernière. Délaissé, il envoie se faire mettre les traîtres absents et sa conne de gonzesse figée. Bibine à la main, il scrute cette carrosserie explosée sur le sol et lui refile un grand coup de latte dans la moitié restante du visage. Sa pompe reste collée, le con est coincé. En forçant, il récupère son pied et arrache du faciès explosé son <em>Adidas</em> droite taille 44, - paire achetée avec sa carte <em>Décathlon </em>- sur laquelle s’agrippe un des globes de sa femme. Ce qui le fait marrer, faveur de Lucifer qui le dévore avec passion. Une odeur rance envahit la cuisine. Il s’en fout et se met à jongler avec l’œil de son épouse. Il se prend soudainement pour un Brésilien d’une plage de Rio, mais il foire son contrôle de la poitrine et le calot oculaire féminin va rouler sous la machine à laver dans l’angle de la cuisine. Glauque essuie sa pompe contre la jupe de sa gonzesse. Son palpitant bat la chamade, il n’a pas l’habitude. Le sport oui, mais en commentateur, pas plus. Sa femme commence déjà à se décomposer et à puer. Il matte le flingue emmitouflé dans les phalanges meurtries. Un point d’interrogation s’extirpe de son intellect constipé. Il s’en contrecarre. Il encule la terre entière, comme le salaire annuel de <em>Kaka </em>à 10.000.000 € lui lacère son mental souillé.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Glauque Land va se rasseoir, arrivant in extrémiste pour le début de la seconde période. Il allonge ses jambes sur la table basse du salon où trône un bordel truffé de cacahouètes, de mégots de clopes et de Kro cadavériques. Du sérum coule de sa basket qui chlingue et se joint au foutoir de la desserte ; énième incohérence dans sa vie qui part en couilles. Il s’en branle. Il porte la bière à ses lèvres. Son gosier accueille le liquide enivrant. Glauque retrouve un calme précaire. Méphisto spécule sournoisement à l’intérieur de ses cellules. Celui-ci le pend, l’ayant transformé en épave des terrains de foot sur LCD. La preuve, Glauque bande et désire se taper une queue, mais pas tout de suite. De plus, il y a <em>Ribéry</em> qui déborde sur l’aile droite. Après cette anecdote conjugale au sein de son existence tarée, il opère comme si de rien n’était. Légion en profite et incruste dans le ciboulot de Glauque les 50 plus gros salaires de la planète football. Des milliards explosent son intellection. Il digère mal ses clichés morphiniques et beugle en direction de la cuisine que la bière est tiède. Il accuse à nouveau le cadavre-connasse de ce préjudice inacceptable. Ce sont ses termes. La dépouille de sa femme ignore cette insulte déplacée. Pas grave, une nouvelle action franchouillarde l’enflamme et le fait bondir du cuir moelleux acheté à <em>chrome</em> il y a deux ans chez <em>Conforama, </em>avec la carte <em>Conforama</em>. Il ingurgite une nouvelle gorgée, puis une autre, et encore une autre.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span><img class="aligncenter size-full wp-image-466" title="un-flingue-sur-la-table" src="http://www.bizarrecity.fr/wp-content/uploads/2010/07/un-flingue-sur-la-table.jpg" alt="un-flingue-sur-la-table" width="600" height="462" /><br />
</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span><span> </span>Aucune ambiguïté, Glauque Land <em>is ready</em>. Il est dans son match. C’est pour cette raison qu’il n’entend pas les sirènes de flics se rapprochant de son domicile défoncé qui s’apparente à une scène de crime. Il s’en tamponne, <em>Toulalan</em> vient de faire un passement de jambe. Ça s’enflamme. Glauque sort sa queue pour fêter ça et commence à s’astiquer le manche, puis lâche tout lorsqu’il voit <em>Ribéry</em> son idole tirer sur la barre transversale. Une incompréhensible agonie sort de sa gorge rocailleuse abîmée par la clope. Un dernier juron à sa femme. Une dernière gorgée. Les flics entrent. Il rattrape son <em>chibre</em>, le téléviseur hurle. Il balance la <em>Kro</em> vide et rote comme un porc puis se vomit légèrement dessus. Un reflux inattendu qu’il ne peut contrôler. Les flics approchent. Il s’en fout, il encule la terre entière. Les condés l’admonestent, mêlant leur sommation au téléviseur subversif, alors que lui continue de se <em>pugnete</em>r le steak. La terre entière&#8230;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Bamm ! Sorti de nulle part, un missile signé <em>Ribéry</em> explose la lucarne adverse. Enfin libéré, Glauque grommelle comme un morse alors que les <em>keufs</em> en panique dégainent leur calibre comme un passement de jambes à la Ronaldo. Glauque Land atteint les limites de son cri désespéré lors d’un gémissement incompréhensible presque intériorisé, et éjacule sur le sang floculé de sa femme squattant outrageusement le maillot de l’équipe de France qu’il arbore fièrement. Une combinaison lourde pour les légistes. Les flics le braquent.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span><span> </span>Il les dévisage.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span><span> </span>Il s’en fout.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span><span> </span>Il encule la terre entière.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span><span> </span>Il y a but.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>Glauque Land les agresse d’un dialecte incompréhensible de soûlard en phase terminale. Il leur supplie une <em>Kro.</em> La bite à l’air, il rote et les regarde circonspect. Eux aussi d’ailleurs restent incrédules, face à ce fracassé de l’encéphale. Puis, le dingue s’écroule comme une merde sur son canapé. Les <em>incubes</em> et <em>succubes</em> pénètrent son système immunitaire qui flanche. La France mène un à zéro face à l’Uruguay. <em>Toulalan</em> met une main au cul de <em>Ribéry</em> qui échappe aux pelles que veulent lui rouler ses autres partenaires de baballe. On est dans les arrêts de jeu. Glauque pète et se met à ronfler immédiatement, puis tousse, tressaille et éructe encore. Son cœur ralentit et accélère comme un dingue. Ça va mal. Glauque Land subit un arrêt cardio-circulatoire dû à une cardiopathie ischémique. Le téléviseur est à fond. C’est un infarctus du myocarde. Il gerbe de nouveau et s’étouffe dans sa mixture cradingue. Satan le défouraille comme une reprise de volée. Glauque est noir bleu vif, compilé à du rouge sang. Tout se confond dans son crâne surpeuplé de démons. Allant chercher au plus profond de son être qui calanche, il baragouine une dernière sentence à peine audible. « Alll…lez… lee…ss… bleuarwh…hhh. » Brusquement, les amateurs de galoches se figent : le putain de but est refusé. Les bleus coursent l’arbitre pour le tabasser. Satan est mort de rire. Alors, dans un dernier filet de gerbe qui s’arrache le long des commissures, Glauque passe l’arme à gauche. Glauque Land is ready. Cette sacrée tête de mort est dans son putain de match. L’opium du peuple l’a fumé.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>0-0, match interrompu. La prime est réduite. De l’écran, Satan et l’équipe de France qui lattent à coups de crampons l’arbitre Japonais, gardent un œil sur le carnage de Glauque Land. Les biftons de la prime s’embrasent dans le crâne des joueurs. Glauque et sa femme sont figés dans l’infini. Une jeune flic s’approche et se penche sur le corps du canapé. Les collègues restent immobiles. Une larme post mortem teinte le visage ravagé du défunt. La <em>condée</em> dépose ses doigts avec une immense compassion sur la main gauche de Glauque qui tutoie le sol. Puis, la <em>keuf</em> se retourne, happée par l’écran infernal qui décuple l’apocalypse de l’habitation. Elle voit le Diable moqueur, accompagné des joueurs qui se check du poing après le passage à tabac sur la pelouse du Stade du Cap. Lucifer fixe le gardien de la paix en mimant avec ses doigts crochus un flingue collé sur sa tempe. Soudain, le salaire d’Anelka explose dans le crâne de la jeune femme, se greffant sur sa fiche de paye <em>made in</em> Fonction publique. On reste perplexe de qui Sodome qui. Méphisto appuie sur la gâchette. Un spasme terrifiant fracasse la flic qui chavire. Dans l’éclair foudroyant, elle discerne brièvement Glauque et sa femme déambuler en terre inconnue. Enfin, elle se reprend, aidée de ses collègues. Satan ricane. C’est glacial, austère. Gallas fume un cigare pour décompresser. Mission accomplie. La Coupe du monde peut continuer.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>* <em>Ville Evrard</em> est un Hôpital psychiatrique situé à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span>** Voir <em>Ville Evrard</em>.</span></p>
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		<title>La grâce de Jessica Watson</title>
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		<pubDate>Sun, 30 May 2010 15:54:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Monde]]></category>

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		<description><![CDATA[ELLE ET LUI
Long de 10,23 mètres, le «Ella’s Pink Lady» de Jessica Watson* boucle son tour du monde le samedi 15 mai 2010. Elle franchit la ligne d’arrivée de ce qui fut son abscisse de départ 210 jours plus tôt. Ce jour-là, une clameur de fierté et un respect démesuré envahissent le port de Sydney. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">ELLE ET LUI</p>
<p style="text-align: justify;">Long de 10,23 mètres, le «Ella’s Pink Lady» de Jessica Watson* boucle son tour du monde le samedi 15 mai 2010. Elle franchit la ligne d’arrivée de ce qui fut son abscisse de départ 210 jours plus tôt. Ce jour-là, une clameur de fierté et un respect démesuré envahissent le port de Sydney. Elle est revenue, étalant sa candeur sur le corps défait de l’impossible. C’est la source de la grâce incarnée dans une demoiselle. Ici, point de féminisme de comptoir à la « Ni Putain Ni contrainte.». Il y a le vent et la mer, la colère et la mansuétude. À l’intervalle de son allure déifiée de petite sirène, le monde hurle, politise, tempête, se tabasse, s’invective. Il règle ses comptes en mollards et kalachnikov entre les tangentes des crépuscules ébène, ayant perverti les neurones d’humains à 2 d’tension. L’hostilité moderne concourt à penser que la beauté est liquidée. Pourtant, des sillons creusent les chemins de l’infinie grandeur de la péripétie humaine. Il s’agit d’elle qui traverse l’océan au milieu du bordel sans nom. Elle trace sur le liquide marin tandis que l’homme se casse la gueule. Un sacré bougre au cerveau-braquemart tendu comme l’accélérateur enfoncé à bloc d’une Renault Tunning. Il se meurt. Elle est femme du salin.<br />
Elle affronte les vagues et les marées, cohabite avec rorquals et cétacés, tempêtes et reflux de houle. Tandis qu’elle traverse le grand bleu en accomplissant ce geste du rêve devenu réalité, l’ADN de la médiocrité grave son mal sur le glaive de l’éternité. Au final, deux camps seront établis : la beauté et la souillure. Le monde dartre est une communauté qui périclite. Elle n’est pas de cette caste. Elle est une barcarolle des ondines, une souveraine embrasée. La contempler, c’est étudier la sauvegarde de l’individu. Celui-ci a brûlé tous ses jokers. Il se sent partir comme une complainte sucrée le happant à l’intérieur d’une des divisions du cimetière communal de sa ville natale. Il est le pithécanthrope moderne. Un lien hypothétique entre le singe et l’homme. Une chose lui est suppliée : crever où s’extraire de son affreux coma. Perdu, ce triple con désire des modèles. Son espoir final : se transcender. Sa conversion passe par un quantum d’énergie, un photon dans sa crasse. Une coruscation discrète sur le purin de sa déchéance. Reste tranquille camarade, voici ce que tu foires chaque jour de ta vie merdique, néanmoins… qui veut peux. Une route ? Une gifle à la Lino Ventura dans ton tube cathodique cérébral ? Non… un Cap… et elle!<br />
Ici.<br />
Remercie.<br />
Rends grâce.<br />
JESSICA</p>
<p style="text-align: justify;">Voici le voilier halluciné de Jessica Watson et son culot monstre. Sur la coque est inscrit : «Ella’s Pink Lady». C’est un hommage. Partie le 18 octobre 2009 de son Australie natale, cette adolescente vient d’accomplir une performance phénoménale. Soudainement, elle extrait l’homme de sa léthargie, réinsufflant un peu d’air frais au sein de l’existence pathétique de ce dernier. Trois jours avant son 17e anniversaire, elle devient ce 15 mai détentrice du record mondial de la plus jeune personne ayant effectué un tour du monde en solitaire à la voile, sans assistance et sans escale. Un périple de 7 mois, soit 210 jours en mer, avec quatre semaines d’avance sur le programme prévue des 23.000 miles nautiques. Que fait-on aujourd’hui à seize ans, mis à part traîner sur des scooters à la con qui émettent un bruit à la con ? Que fait-on, hormis des apéros Facebook d’alcoolos aux sourires niais et subversifs ? Si seulement ces robots pouvaient sonder leur pourriture, et déchiffrer qu’ils ne sont nullement les nouveaux prototypes de l’émancipation. Indépendantes sont les mèches des cheveux de la jeune fille de la mer. Insoumis est le vent qui poussa son « «Ella’s Pink Lady» à bon port après un périple extraordinaire. La pérégrination somptueuse d’un rêve fou et démesuré, donc réalisable. La structure visuelle de son imaginaire ardent.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-475" title="url-1" src="http://www.bizarrecity.fr/wp-content/uploads/2010/07/url-1.jpg" alt="url-1" width="320" height="240" /><br />
Seize ans et un tour du monde en solitaire, sans escales et sans assistance. C’est toujours bon dans la cacophonie contemporaine. Jessica Watson entre dans l’histoire. Une adolescente opiniâtre et téméraire, qui sans folie n’aurait certainement pas achevé pareille entreprise. Mais après les tourbillons et les orages marins qu’elle a subis lors des passages cruciaux de son tracé nautique, l’administratif-monde abattra son éminence sur l’élévation spirituelle. Le contrecoup de la Fédération Internationale de la Voile ne reconnaîtra pas ce record, l’âge minimum étant de 18 ans ; Jessica étant déjà hors norme pour le Journal Officiel et ses racontars. Une telle prouesse était jusqu’à présent détenue par un jeune Australien, Jesse Martin, qui avait réalisé le tour du monde en 327 jours en 1999, à seulement 18 ans. Too Bad, she rocks !</p>
<p style="text-align: justify;">DREAM<br />
Son rêve. Elle ne désirait pas posséder une Ps2 ou une Wii, mais faire le tour du monde à la voile. La jeune Australienne parcourut en moyenne 110 milles nautiques par jour. Elle a notamment dû faire face, durant sa promenade - soit un peu plus de 40 000 kilomètres - à une mer particulièrement démontée avec des creux de 10 mètres au sud de l’Australie. Des aventures qu’elle commentait régulièrement sur son blog, à l’intérieur de son voilier S&amp;S (Sparkman and Stephens) 34, rose high-tech. Il faut maintenant espérer que les fonctionnaires soient infectés d’une dose de souplesse et homologuent cette performance. Pour autant, il ne faut pas oublier les préparatifs compliqués d’avant départ, où elle eut une collision avec une autre embarcation. À l’époque, l’Etat du Queensland (dont elle est originaire) ne voulait absolument pas la laisser partir. Après des négociations acharnées, elle obtint son bon de sortie. À son entrée dans le port de Sydney, la liesse incroyable du public fut au-delà de tout ce qu’elle eût pu jamais imaginer, affirma-t-elle, juste après avoir posé de nouveau les pieds sur la terre ferme. Ses parents, Roger et Julie, mais aussi le Premier Ministre Australien Kevin Rudd, l’accueillirent avec la foule, fière de sa nouvelle icône.<br />
Seize ans.<br />
Respect.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois le fabuleux et le légendaire achevés, le public fait maintenant sauter les serveurs du site Internet ainsi que la page Facebook de la farouche skippeuse. Les visites ayant explosé depuis son retour au pays. Elle y raconte ses péripéties et impressions, mais ceci relève du zieutage et du fan-club. Il est préférable de rester concentré sur sa frêle personne, qui apprivoisa des flots démontés et des mers d’huiles sept mois durant. Furie et persévérance. Une biographie va éclore très rapidement. Cette frénésie de l’exploit va muter en commercialisation incontrôlable et autres publicités plus ou moins idiotes, qui rapporteront à l’intéressée, un sacré paquet de cash amplement mérité. À la finale, il ne restera que le dépassement génial d’une jeune adolescente s’arrachant pour réaliser ses rêves. L’achèvement d’un graphique déraisonnable qu’elle forma au préalable dans sa tête, en réponse aux instructions du cœur. L’antithèse d’un destin fantasmé sans bouger. Un adage collectif terrifiant pour l’individu lambda en quête d’une certaine reconnaissance. L’identification des hommes, à l’intérieur de cette société-machine transformant ses fils en boîtes de conserve dégueulasses.<br />
Au rythme où l’histoire du monde se paraphrase d’innombrables complexités créées par le gus bipède, il est essentiel de se figer sur ces vaillances qui fracassent Satan et ses sbires, comme un Yokogeri de Ju-Jitsu explosant une mâchoire en un quart de seconde. Déçu du monde civilisé, il faut se tourner ailleurs. Peut-être s’agit-il de moins fréquenter l’homme pour rester en bonne santé ; partir à la rencontre de soi-même, se mettre en quête des éléments. La grâce de Jessica Watson n’efface en rien les débats inutiles sur la retraite à soixante ans, et la politique d’une nation démolie à la culture pinard et au football concept. Concevoir Jessica Watson, c’est imaginer Neil Armstrong et son pas surnaturel sur la Lune. C’est aussi visualiser l&#8217;époustouflant écrivain-aventurier, Sylvain Tesson,** et ses milliers de kilomètres à pied en solo, parmi le silence de son intériorité vagabonde, arpentant l’extrême rudesse du globe. C’est radicalement fuir une résonance qui martyrise les tympans d’êtres humains, ne cherchant qu’à s&#8217;arracher d’un protocole d’entrave à l’irréfragable liberté. Une libération insubordonnée comme celle des derniers jours de Syd Barrett*** vivant jusqu’à ses derniers instants une existence de peintre, qui vibra en lui toute sa vie en marge de la musique. Imaginer Jessica Watson seule au milieu de l’océan, sur son aquafibre dominant les flots et les vents allant jusqu’à 65 nœuds, c’est aussi se rapprocher du code-source de la délivrance incalculable. L’admirer lutter avec la haine des rugissants, le mat de son voilier à 180° immergé dans l’eau en pleine tourmente, c’est un procédé annexe pour exister et se mouvoir ici-bas. C’est prendre du recul en concevant peut-être à tort, que plus on se rapproche de l’homme, plus on éprouve de l’affection pour un clébard docile en quête de caresses. Heureusement, il y a des miracles pour tordre ce concept et rappeler que rien n’est peut-être perdu au milieu de cet immense bordel en phase terminale. Par conséquent, quittons les soins palliatifs. Dansons et rions avant l’Apocalypse sur l’Atlantide énervée d’une planète sacrément pétée du casque, mais d’où pourtant gicle encore quelque lumière. Un halo surpuissant comme la strie photogène de la jeune navigatrice australienne, qui relève l’homme et le désintoxique de son ennui mortel.</p>
<p>* Jessica Watson est la plus jeune navigatrice à avoir fait le tour du monde à la voile. Elle est Australienne et est âgée seize ans.<br />
** Sylvain Tesson est un journaliste, écrivain voyageur et alpiniste français né le 24 avril 1972.<br />
*** Syd Barrett (6 janvier 1946, Cambridge – 7 juillet 2006, Cambridge), né Roger Keith Barrett, était un musicien et peintre britannique.</p>
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		<title>Quel silence est votre ennemi ?</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Apr 2010 20:56:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La lumière sur les cendres balaye les braises encore fumantes des corps calcinés de nos artères atomisées par l’absence. C’est sous cette configuration quelle se manifeste, de manière radieuse et paisible. Une carence trompeuse, inquiétante, horizontale, qui témoigne une fois encore de l’anfractueuse victoire de la mort sur l’innocent écartelé de nos trottoirs abandonnés. Les avenues gelées et grises délaissées par l’État. Tout est une question de distance, de perspective et de segment. De médiane, de parallèle et de tourment. Le conflit n’est point à l’extérieur de l’humain, mais il naît et règne à l’intérieur du bulbe des fous et ceux-ci l’expectorent de manière assassine sur le méconnu et le proche, l’ami et l’ennemi. Sur lui est délivrée une colère frénétique à l’image de la ville. Une rage gratuite, sans pitié et coriace. Les ADN plient et rompent. Le silence du déni est le traumatisme de ce troisième millénaire, sans oublier son prédécesseur brutal et féroce. La chute suivante se cristallise à l’intersection de l’avenue Paul Cézanne et de la rue Raoul Dufy à Aulnay-sous-Bois* dans le 93. On s’y engouffre armés d’une couronne de chrysanthème. Le bouquet des mômes décapités. Le tout est de se recueillir, de ne pas suffoquer, mais l’air est lourd et l’on se doit de quitter les lieux malgré cette sensation de pondération, qui laisse entrevoir quelque beauté émanant de cette zone boisée du nord-est parisien.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut rapidement s’éloigner de cette aire et l’on se met en marche d’un pas fugitif. Le mental se fait agresser par les cris en sourdine, des spectres végétant au milieu de ces recoins sordides. Un décor qui pourtant n’en a pas le vêtement mais l’habit ne fait pas le moine… non, il ne le fait pas. Ce sont des hurlements qui agressent le psychique et se mélangent au contraste visuel de panneaux publicitaires, vantant les splendeurs d’une commune voisine par le titre de « Beau Sevran »**. Du marketing de rue mensonger masquant un département explosé. Il n’y a rien à faire et à interpréter de ce Beau Sevran mais il faut se tirer, point barre. L’endroit détient le pire. La dureté du silence amplifie cette damnation. Le calme complice qui astreint les défunts à se taire. Il est difficile de saisir ce qui a pu advenir à l’intérieur de ce périmètre condamné, camouflé au sein d’une jolie verdure, pour peu que l’on s’intéresse à ce bout de terre statique, à distance futile de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. La compréhension est bien le dilemme, et rien ni personne ne s’attardera sur l’homicide muet d’Aulnay, qui fige le flux d’hémoglobine dans les veines. Un récit pas assez mainstream, ni crossover, aucunement fashionable pour les arcanes d’un système verrouillé. Il fallait alors déposer l’ornement de cimetière, puis s’arracher à l’ancienne sans se retourner et ciller.<br />
Les particules des pétales se renouvelleront parmi les limbes de la structure mortifiée, des angles parasites d’une ville dorénavant ensanglantée à jamais. Là-bas, aucune raison apparente ne laisse transparaître le moindre détail d’une scène criminelle encore non élucidée. À la périphérie, où jaillissent les rais d’un éclairage funéraire sur les centimètres malheureux de ce secteur tourmenté. Naître dans le béton ne relève pas de la télévision. La réalité est tout autre et il semblerait que l’enfant de Silverton*** l’a croisée et qu’il est mort seul dans le froid, au fond de cette glèbe coupée d’une avenue banale de la banlieue Est. Une voie qui longe un des parcs les plus importants de la Seine-Saint-Denis.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-500" title="justinlittle" src="http://www.bizarrecity.fr/wp-content/uploads/2010/07/justinlittle.jpg" alt="justinlittle" width="500" height="769" /></p>
<p style="text-align: justify;">Il arrivait de l’Oregon américain. Il en était parti le 21 septembre et devait y retourner le 5 octobre. Justin Little, jeune étudiant de 21 ans et féru d’histoire rêvait de visiter Paris. Il voulait voir le Louvre et le tombeau de Napoléon. Apparemment, des motivations complémentaires l’habitaient, dixit la police française soutenant que le jeune Américain venait pour intégrer l’armée. On mentionne la Légion étrangère.<br />
Il avait atterri à Paris le 22 septembre pour réaliser « son rêve », puis Justin resta muet, son dernier signe de vie remontant au 24 septembre, indique encore la Police Judiciaire. Les parents du garçon donnèrent l’alerte le 5 octobre, inquiets de ne pas voir leur fils se manifester. Le corps de ce jeune homme d’une famille catholique très pratiquante a été découvert le 9 octobre à 16 heures, dans une zone boisée d’Aulnay-Sous-Bois, à des milliers de kilomètres de Silverton et sa contrée d’origine. Ce corps était en état de décomposition avancée, soutient une analyse post-mortem précisant que la mort s’avérerait plus proche du 24 septembre que du 9 octobre. Un ou plusieurs coups de parpaings sont à l’origine du décès, et de multiples fractures ont été constatées sur la boîte crânienne. Le passeport de la victime a été retrouvé sur place, mais son portefeuille avait disparu. Kevin Zade, le meilleur ami de Justin Little fut le destinataire des dernières nouvelles de ce dernier. Justin lui indiquait par email, qu’il passait « du bon temps ».</p>
<p style="text-align: justify;">Comment s’est-il retrouvé là-bas ?<br />
Des énigmes subsistent, mais il est assez simple pour un touriste de tomber dans un RER omnibus allant de la gare du Nord à Charles-De-Gaulle-Airport, en lieu et place d’un train direct plus rapide et sécurisé. Les cadrans incompréhensibles des liaisons RER de la station Gare du Nord, sont un véritable piège pour le novice nullement habitué aux rouages de ce quai à forte effervescence. Cependant, cela ne dévoile rien des raisons de la présence de Justin Little dans cette zone du 93, assez éloignée de l’Arc de Triomphe et des Invalides, dont il avait fantasmé les contours auparavant dans ses livres d’histoire. Le corps ayant été retrouvé le 9 octobre, il est possible que le drame ait pu se produire la journée du 5, date butoir de son séjour où il aurait dû se diriger vers l’aéroport. Il est également envisageable que Justin Little ait effectué ce jour-là une mauvaise rencontre, en s’étant le cas échéant trompé de RER. Il convient aussi de s’interroger au sujet du dernier email envoyé par Justin, à l’attention de Kevin Zade ce 24 septembre, et du silence total qui a suivi. De plus, l’analyse criminelle décrit une mort bien plus proche du jour de cette dernière correspondance cybernétique, ce qui invaliderait l’homicide aux alentours du 5 octobre. Le mystère reste entier. Seuls les éléments de l’enquête pourront un jour peut-être y répondre. Celle-ci à l’heure actuelle est toujours en cours. En cours également, est le déni médiatique dont sont doublements victimes les familles et les proches des Justin Little de l’univers. Les profondeurs d’un silence obséquieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qu’il importe peut-être d’essayer de comprendre et de relater, c’est pourquoi l’assassinat d’un fils d’une « famille catholique très pratiquante », qui plus est, « blond aux yeux clairs » peut faire un semblant de page dans le gratuit Metro et une demi-colonne dans Le Parisien. Quel est le principe de taire l’épuration d’une civilisation ? Est-ce trop puéril de s’interroger ainsi ?<br />
Au regard des silences radio du MRAP, de la LICRA et de SOS Racisme, associations subventionnées peu enclines à dénoncer le massacre d’un certain génome humain, il y a quand même matière à s’interroger. On est également en droit de savoir où se tapissent ces sélectionneurs de causes lors de telles exterminations ?<br />
On ne peut également douter qu’un certain type d’information ne fait pas l’unanimité dans les dorures d’une bien pensance qui peu à peu se fissure. Il est certain aujourd’hui que ce triple verrou de l’intelligentsia en place, creuse les tombes des enfants de l’Occident. Une guerre en sous-sol est déclarée et ses objectifs sont incompréhensibles. En revanche, certainement omettent-ils qu’à l’heure de la belligérance, l’idée de tuer un homme devient illimitée et l’on sait pertinemment qu’une fois à l’intérieur de la guerre, il en restera toujours un autre à abattre.</p>
<p>L’inclinaison de la littérature est pure lorsqu’elle s’adresse aux âmes disparues des trottoirs délaissés de nos capitales éviscérées. La littérature s’adresse à l’enveloppe nord-américaine abandonnée au début de l’automne dernier, entre les fourrés compacts et fourbes d’Aulnay-sous-Bois. Le verbe s’adresse à cette chair tabassée et à tous les condamnés des boulevards voués aux gémonies. La sylve encerclée de murailles et de briques fracassées. Le mal se propage à une vitesse disproportionnée et les villes suffoquent. Les kystes sanieux contaminent également les plaines et les villages. C’est une vérité dissimulée et enterrée. Alors, chacun y va de son accusation envers un certain pessimisme du réel et vient corroborer l’adage de l’humaniste que « rien ne sert de s’alarmer ». La matrice continue de poignarder le cœur des adolescents idéalistes, en balayant ensuite leur décès d’un mépris inexplicable. Le rêve est tenu en laisse. Le féérique des égarés fragiles de ce monde, ceux des livres et du verbe. La connaissance est aujourd’hui massacrée et nul berger ne vient la délivrer de ces méandres incroyables. On laisse les vacives crever dans l’indifférence. À l’heure du crime, la population doit se contrister, mais paralysée, elle expire coincée entre ses propres contrariétés. En outre, plus rien ne veut plus rien dire et ça fait des lustres que les guignols républicains ne font pas leur boulot. Ils se courbent en apologies pour à peu près tout et son contraire, lors de chaque nouvelle aurore daignant encore proliférer une onde phosphorescente sur ce pays de morts-vivants. Une coruscation sur les cognitions ramollies de complaisants idiots et bornés. Des loques refusant d’admettre que l’animal réside également dans le principe neuronal de l’humain. Il y a une ligne de démarcation entre l’homme et la bête et la bête n’est pas l’homme. Nonobstant cette programmation, la folie en a contaminé certains et les philosophes pacifistes prendront en charge la démesure de l&#8217;épidémie, lorsque démence fondra sur leur misère, envahissant par millions les consciences associatives, qui ce jour-là ne trouveront aucune individualité en soutien pour les arracher de la faillite collective.</p>
<p style="text-align: justify;">L’être humain pense et dissèque, sauf s’il est pollué du germe subversif des bactéries de Satan. La prolifération des tubercules est distillée depuis quatre décennies, sur les crânes ramollis qui galopent la nuit en quête d’une proie et de sa numérisation sanguine. Une soif de crime inextinguible, afin de relâcher la charge de tendances déréglées trop longtemps contenues au sein d’un marasme hadal. C’est ainsi que l’homme-animal exécute et souillonne. En abandonnant Justin Little non loin de la ligne du RER B, il mutile les corps empalés des enfants de l’Occident, valsant à l’infini comme des fantômes, sur les pavés ensanglantés des démocraties salies aux antiracistes sélectifs. Nul ne s’enflamme et n’entend les exhortations. Ces morts sont absents du tube cathodique et des ondes hertziennes. Aucune commémoration de leur calvaire n’est diffusée. Aucune ligue ne vient s’indigner de quelconque iniquité. Ils sont réduits au silence, délaissés de tout témoignage.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu avais les yeux clairs et les cheveux d’un blond rayonnant. Tu portais des rangers et arborais, parait-il, un bob kaki sur la tête. L’amalgame vestimentaire eût pu être simpliste. Une des justifications de meurtres qui hantent nos avenues en transformant les bourreaux en victimes oppressées. Le sang coagule sur les trottoirs négligés de ce que l’on nomme République. Des manuscrits trompeurs t’ont caché le présent misérable de ce pays. Ces livres n’ont pas su détecter la crucifixion qui t’attendait. Les gens font comme si et l’angoisse perdure au sein d’une information triée. Elle reste également suspendue dans cet homme tombé sous les coups de barbares sanguinaires, alors qu’il prenait des photographies pour son travail, lors des émeutes de l’Est parisien. Comme ce père de famille que l’on tabassa sans pitié pour avoir osé récupérer le vélo qu’on avait volé à son fils. Comme beaucoup d’autres, éradiqués de la mémoire sociologique de cet impérial et cancérogène silence.</p>
<p style="text-align: justify;">La saloperie gagne du terrain ici-bas. On se tortille en pleine mouise. Une calcification cynique qui développe une tubérosité d’épaisses couches rougeâtres, virant ensuite au noirâtre d’une fumée obscure. Un épais bistre que l’on se doit de vomir afin de tenir et ne point disparaître. Une frénésie qui envahit et grignote les terres de l’Occident, alors que les visages défunts de celui-ci, défilent devant les regards fatalistes et prophétiques des derniers hommes libres de la terre. Ceux qui anticipent le monde de leur troisième œil littéraire. Ceux qui mettent le nez dans la merde. C’est peut-être vous, égarés de ce globe qui n’en finit pas de décliner vers le bordel absolu. Une bombe destinée à recracher sa partition terrible sur la totalité d’un hexagone chétif. Une symphonie ignorée, moquée, balayée d’un revers de main méprisant. Son cliquetis est audible, mais peu le discernent. Les prémices sont là. On les entrevoit dans les recoins de la ville. L’incipit du feu. L’introït de la poussière. Le feu et la poussière qui fulminent encore au fond de ce périmètre boisé du 93, où l’invisible souvenir de Justin Little poursuit le processus graduel de son retour à la terre mère.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, ta dépouille fut ramenée à tes parents dans l’indifférence. Tes cendres au fond d’une urne. Tu gis désormais au sein d’une dimension qu’il est impossible pour notre intellection matérielle d’en assimiler les contours. À Silverton, il y a des monts et des rapides bercés d’une lumière abondante. Tu as dû retrouver la paix des vallées de ta contrée d’origine, ayant délaissé à jamais le gris et le dioxyde de la capitale étouffée de son périphérique anthracite.<br />
Peut-être que dans l’étendue infinie du firmament, tu peux à présent constater les fastes admirables de ce que la France eût pu achever. Cette chimère que tu as voulu admirer. Le génie de tes ouvrages que tu étais venu quêter en solitaire, mais tu trouvas une fable réduite au tumulte entre Paris Plage et des lopettes en Vélib’. Une société du caviar qui fait et défait l’information. L’actualité de dépêches rotatives qui pètent dans la tête. Le produit des suppôts du démon et ses légions infâmes dont ils sont les esclaves. Des mythomanes qui se prévalent du béton. Mais traduire le réel urbain ne relève pas de la télévision. Alors, le regard abîmé des gosses abandonnés de l’État essaye de vous sonder. Un interrogatoire vous envahit et oscille entre les flammes du brasier passionné de votre intellect, comme si de leur absence, lesdites effigies désiraient vous interpeller sur le scandale de nos sociétés lobotomisées. Ces portraits d’outre-tombe vous invitent à mouiller le maillot. Vous êtes les ultimes témoins de ce récital du désastre et lecteurs authentiques de souffrances inexprimables. L’imprévisibilité de l’angoisse pèse et réveille en vous une paranoïa extrême. Or, pareillement à l’essence de ce cliché, les mômes se regroupent et vous fixent avec intensité. Ils examinent avec vous la raison de cet abandon sans sommation. Ils implorent votre stylo, votre ordinateur. Ils essayent de capter l’étincelle qui bouillonne encore au fond de votre être, ils vous diagnostiquent, ils interrogent la sincérité de votre existence et réclament maintenant votre compassion, en vous pilonnant du réel d’un sujet qu’il devient impossible d’occulter. Une revendication qui les hante, là-bas, au fond de leur quiétude inachevée, afin qu’ils puissent enfin s’exprimer à travers le gosier de votre intellect, votre bouche cérébrale, en vous demandant via la question suivante explicitement et simplement ceci :<br />
« Quel silence est votre ennemi ? »</p>
<p>* Aulnay-sous-Bois : Aulnay-sous-Bois est une commune française, située dans le département de Seine-Saint-Denis et la région Île-de-France. Elle est distante de 19 km de la cathédrale Notre-Dame de Paris, et de 5 km de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.</p>
<p>** Sevran : Sevran est une commune française, située dans le département Seine-Saint-Denis et la région Île-de-France. Autrefois petit village de la plaine de France, la commune a connu un développement spectaculaire durant les années 1960 et 1970 faisant quadrupler sa population en moins de quarante ans. La ville abrite sur une partie de son territoire le parc forestier de la poudrerie nationale de Sevran-Livry</p>
<p>*** Silverton : Silverton est une petite ville de l’État de l’Oregon, aux Etats-Unis d’Amérique.</p>
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