Veille

9 juin 2009

Simplement pour vous signifier que le site était en veille depuis maintenant deux mois, pour diverses raisons personnelles, physiques et matérielles. Bien évidemment, cette base n’attend qu’un léger mieux afin de pouvoir opérer à nouveau. C’est-à-dire, dans le “bientôt” d’un futur proche.
À l’heure de la folie écologique, je garde donc cette formule dans une veille de lynx, prête à agir poétiquement, un jour nouveau réchauffé d’un soleil scintillant.
Cordialement.

Comme une vague de l’océan

21 avril 2009

Face à la mer, plusieurs scénarios cérébraux viennent coloniser la pensée fragile, non concentrée de l’intellect humain: se laisser emporter par les douleurs énigmatiques du désespoir, ne point maîtriser l’intelligence indécise qui ahinnile, celle-ci perdue au loin dans ses ténèbres ignorant l’essentiel… fixer le cobalt de l’eau !

vagues

L’âme glissante dans sa mélancolie peut encore désirer posséder souvenirs des terres infinies dont le rêveur tardif n’aura jamais l’occasion de fouler, voire encore la possibilité de plonger dans l’océan afin de fuir quelques responsabilités terrestres. Le regard fuyant il désire plus que tout exercer ce retour sur soi, pour être enfin l’un deux et assassiner une dernière fois cet humain auquel on a toujours désiré ressembler ; cet autre que l’on ne sera jamais. Le contemplateur des mers, le rêveur assis sur le sable face au grand bleu mondial aspire à l’audace de ses icônes, de rejoindre d’un ultime plongeon l’étendue infinie du large, faire partie de ces âmes rares qui n’appartiendront jamais au monde. Le but pour eux étant de quitter le globe ravagé par l’esprit du mal, incendies multiples dépourvus de canadairs comme ces êtres qui gaspillent le temps de la vie à nier leur part d’ombre, néanmoins nécessaire pour mieux combattre le pyromane machiavélique.
La mer, les vagues, le vent. Elle surfe, elles s’adaptent et ne négligent nullement la rotative immuable de l’écume qui s’échoue sur le sable ; le vent tonifie la fureur du bleu, se mélangeant à l’océan afin de frapper comme un missile précis et faire le maximum de dégâts, en résultante de sa colère exterminatrice naturelle, puis se retirer comme si de rien n’était laissant le vertébré décérébré dans la béatitude du chaos.

La mer, la douceur, le désordre.

L’océan est comparable - du moins la puissance qui s’en dégage - aux œuvres fondatrices de l’humanité, aux personnages ayant marqué l’histoire au moyen de leur art, leur engagement ; romanciers, dissidents, écrivains politiques, futuristes, astronautes, musiciens, inventeurs, mystiques, martyrs et cetera. C’est ainsi que depuis toujours face à la masse statique des êtres lobotomisés, certains se dressent en ayant auparavant pris soin de s’abaisser comme jamais, de se briser entièrement pour s’élever, faire naître en eux ce kérygme dont l’apprentissage embrase toute une vie. Une poignée d’irréductibles n’a pas choisi, il a simplement été naturel pour eux d’emprunter le chemin le moins fréquenté, le plus isolé, d’être totalement soumis pour connaître la liberté. Descendre puis remonter… protocole fait de Glock et autres Sig Sauer, de katanas et sol-sol intérieurs, pensées devenant matières pour détruire le grand diviseur, armée de l’ombre œuvrant dans l’acte et non le dire, délaissant le suicidé et ses rêveries stoïciennes face à la majesté de l’océan.

« Cet écrivain que vous voyez devant vous, c’est le prisonnier qui l’a créé. »

Kislovodsk est une ville et une station thermale du kraï de Stavropol, en Russie. Kislovodsk littéralement « eaux aigres » est ainsi nommée en raison de la présence de ressources minérales abondant autour de la ville. Kislovodsk a toujours eu cette particularité d’être une sorte de ville frontière – c’est à la fois la Russie et le Caucase. Sa fonction a donc été double : ville thermale et forteresse. Elle se situe dans la région caucasienne du nord de la Russie, entre la mer Noire et la mer Caspienne. L’eau une fois de plus entoure, cajole, arme, alimente, conditionne, baptise déjà l’homme à venir.
Kislovodsk, Russie, le 11 Décembre 1918, Taisia Chtcherbak perd les eaux et met au monde une vague de l’océan. Un tremblement dans l’univers: ambivalent, extrême, rare, sans concession. L’arme-larme se nomme Alexandre Soljenitsyne. Isaakiy Soljenitsyne son père a pris un coup de fusil de chasse fatal, la foudre retentit, l’âme paternelle embrasa l’enfant, elle le suivra à jamais. Kislovodsk. Soljenitsyne. Mauvaise journée pour le diable. La vie quelquefois est faite de victoires, de victoires humaines.

Descente :

Après que sa mère lui eut transmis son penchant pour la littérature et les études scientifiques, celle-ci mourut en 1940. Alexandre, larme-arme océanique étudie la littérature, les mathématiques et la doctrine communiste derrière laquelle il se range à l’époque.
La lame de fond putride nazie envahie la terre du jeune Soljenitsyne en 1941. Il revêtira le vêtement de guerre de l’armée rouge, le rouge politique du siècle passé. Quitte à être communiste, il fut nécessaire voire vital de revêtir le couvre-chef à l’étoile. La Russie d’aujourd’hui a exécuté son turn-over, le propre des grandes nations à agir, transformer, à trans-muter l’état en adéquation avec son temps. La France grande gueule et avide de commentaires détournés de son anus - alors qu’il lui faudrait un bon protocole thérapeutique pour enclencher-, demeure statique et n’y arrive plus, végétant parmi ses idiomes parasites de la place du Colonel Fabien ou de la rue de Solferino.

Back in the Ocean.

La descente s’opère, Alexandre entreprend son Kérygme, tout du moins le début de ce processus théologique qui fait qu’un homme n’est pas et ne sera jamais figé sur une condition psychologique, spirituelle particulière. In Christo, le verbe en lui déjà s’électrocute, psaumes de David le conduisant à la barre, coupable d’activités contre-révolutionnaires. L’océan a soulevé chez cet homme l’interrogation primale, ce doute enchaîné à la foi qui dirige l’humain vers une non-paix jusqu’à la fin. C’est ainsi. Soljenitsyne sera désormais en guerre permanente. Le tsunami se déclenche à l’intérieur de son être. Il ne peut se contenir, secoué des balbutiements de l’orthodoxie sacrée encrée dans ses gênes dont les fleurs épanouissent son intellect. Alors, il paiera pour une correspondance critique à l’égard de la politique de Staline et ses compétences guerrières. Il sera condamné comme traître. Le verdict est de huit ans.
L’océan peut demeurer stable, se faire oublier, panser les plaies de celui que l’on tente de briser avant de cracher ses grandes marées. Un destin est un destin. Lorsqu’il sort du camp en 1953, quelques semaines avant la mort de Staline, les autorités en remettent une couche et envoient ce témoin trinitaire en exil perpétuel au Kazakhstan.
En exil perpétuel…

« Cet écrivain que vous voyez devant vous, c’est le prisonnier qui l’a créé. »

Personne en Occident n’oserait prétendre aujourd’hui à telle sentence, personne ne pourrait endurer cette aisance du regard sur la liberté de l’eau, la douceur du bleu ainsi que sa violence contenue dans la marée noire de la dictature humaine : étude du fascisme, du nazisme, de toutes ces merdes alors que de nos jours, personne n’est jamais vraiment libre!
Soit ! les balbutiements de l’eau s’adapteront à cette condamnation irrégulière prise au fond d’un bureau comme tout acte barbare. Les gestations du baptême, en l’occurrence de la vraie révolution viendront cogner Alexandre, mais toujours dans une lente progression interrogative comme pour expliquer, synthétiser la pensée qui décide avec justesse en harmonie, avec fureur et sans trembler. L’océan, la vague, la larme, l’eau, le baptême, parfait schéma du processus de conversion quand rien ne pourra dorénavant arrêter cette voix de la paix réelle et véritable, de ce fait en guerre. Le combat s’opère : Goulag et orthodoxie, coups de sang et réflexion théologique. Si vis pacem para bellum.

Soljenitsyne est réhabilité en 1956 et s’installe à Riazan, à 200km au sud de Moscou, où il enseigne les sciences physiques. C’est Une journée d’Ivan Denissovitch, publié en 1962 dans la revue soviétique Novy Mir grâce à l’autorisation de Nikita Khrouchtchev en personne qui lui acquiert une renommée dans son pays ainsi qu’internationale. Ce sont des moments de répits précaires dans sa vie d’engagé, d’auteur en exil, d’auteur controversé qui font que n’importe quel bloc se rétracte et frémit face à un personnage polyvalent de talents, se faufilant comme le courant d’une rivière entre les pierres. On l’épit, le surveille, on le laisse respirer pour remettre la corde dès la reprise des hostilités. La confiance c’est bien, le contrôle c’est mieux. Ainsi va le monde et c’est sous cette forme irrégulière que l’existence de Soljenitsyne ne sera jamais un long fleuve tranquille. Quel est le but, le sens d’une vie calme et paisible lorsque la promesse du glaive claque à l’intérieur d’un être ? Les pressions envers Soljenitsyne ne cesseront jamais entre le début des années 60 jusqu’aux années 80. Elles sont perfides et sans pitié, le principe de cette guerre étant de le déstabiliser, de poser une bombe nucléaire psychologique sur sa façon d’être, de se mouvoir à l’intérieur de sa trinité qui le consume. Il est un « ZEK », un détenu, un condamné surveillé à perpétuité. La pression du KGB sera insoutenable ; témoignages compromettants de l’ex-femme de Soljenitsyne ainsi que de son ancien éditeur, filtrage, écoutes, pressions, etc. Tout cela peut sembler hallucinant à la superposition de nos textes de loi actuels, dociles envers ces ordures qu’on laisse errer sur la peau de nos enfants, sous couvert d’une liberté démocratique conditionnelle certifiée d’un certificat médical, et qui en dit long sur le monde libre du modèle Européen.

Montée :

L’océan ne fait pas dans la demi-mesure lorsque celui-ci se donne entièrement à la terre, laissant derrière lui dégâts et larmes d’interrogations de millions de pourquoi sans réponses. Dernièrement, certains personnages du star-système politique nous ont laminé - en prenant soin de dissimuler l’avis de scientifiques les plus avisés sur la question - un pape catholique terroriste, fasciste, antisémite, assassin et j’en passe. Les mêmes qui vénèrent le nouveau Président des Etats-Unis, le même Président qui enverra milliers de Gi’s supplémentaires en Afghanistan contredisant la doctrine des hurleurs anti-catholiques, mais des excités se couchant devant un Soljenitsyne orthodoxe car estampillé dissident. Soljenitsyne pourtant qualifié en son temps de tous les termes médiatiquement esthétiques dont on afflige le pape aujourd’hui. Un Soljenitsyne aussi, qui approuva à l’époque l’élection de Vladimir Poutine, les excités bobos pro-tibet détestant ce dernier, mais dont l’Alexandre qu’ils honorent, royaliste Orthodoxe dénué de tout angélisme vit d’un bon œil le changement de locataire au Kremlin.

« Cet écrivain que vous voyez devant vous, c’est le prisonnier qui l’a créé. »

Le « ZEK » matérialise la rédaction de l’Archipel du Goulag, rédigé sur de minuscules feuilles de papier entre 1958 et 1967, enterrées une à une dans des jardins d’amis. Une copie de la version finale est envoyée en Occident pour échapper à la censure. Quelques vagues plus tard, il échappe in extremis à un attentat en 1971 et commence à vivre dans une conspiration totale.
Sur des minuscules feuilles de papier…
Dans l’océan, parmi les abysses du liquide marin, se trouve le noir, l’invisible, l’indicible, l’impénétrable renvoyant à son antinomique qu’est la lumière incréée. L’homme œuvrant en extérieur au lieu de se désépaissir afin d’ouvrir la brèche de cette persévérance immatérielle, puis laisser se faufiler le rai phosphorescent du jour salvateur ; au lieu de se rogner et de fournir à sa vie l’épaisseur du sens, au lieu de se dépouiller et de doter son charisme, de rébellion coordonnée. Du jour nouveau, de l’homme nouveau, s’extirperont les chaînes et les totalitarismes névrotiques empêchant l’être humain de cheminer courageusement lors de son pèlerinage terrestre, pour remonter, revenir à sa genèse spirituelle. Soljenitsyne passera son temps à s’adapter, se mouvoir, se renouveler et se mettre en croix, s’opposer aux marchands du temple, tout en conservant une dose de contradictions fondamentales dont peut-être lui-même ne put jamais en résoudre l’énigme.
Alors il décide la publication de l’Archipel du Goulag après qu’une de ses aides est retrouvée pendue, cette dernière aurait avoué au KGB la cachette où se trouvait un exemplaire de l’œuvre, suicide sous la menace tel un cétacé rejeté par l’Océan, renvoyant celui-ci crever sur une plage Australienne malgré son appartenance au milieu aquatique. Action de l’édition entraînant une réaction politique immédiate de la part de l’Union Soviétique en février 1974, valant à Soljenitsyne d’être déchu de sa nationalité, arrêté puis expulsé de son pays.
L’exil connait bien des rebondissements géographiques certes, mais ils sont moindres que les blessures laissées à l’intérieur de la psyché, faisant résonner le manque, le vide, le « home-sick » de tout citoyen dénudé éloigné loin, très loin de sa terre natale. Malgré les sourires de rigueur, on sait très bien au fond de soi que le bannissement et non le départ élargissant le visage d’une banane radieuse et souriante vacancière, que le temps de l’éloignement prolongé est tout autre. Il peut cependant révéler à l’homme en quête d’un inconnu qu’il n’arrive pas à débloquer dû à cette peur quasi systémique à franchir le pas, la paix d’une découverte intérieure stipulant que finalement on est de ce monde et non d’une nation. Synthèse bien entendue analysée une fois l’exode accompli. Parfois, le cas de force majeure oblige l’adaptation et l’éveil permanents de tous les sens en alerte ; paradoxe extrême variant de temps à autre lorsque l’opposé recrée l’appartenance à cette même nation ne nous désirant pas ou plus, une fois la terre étrangère foulée, puis refoulée. Il est effectivement des sourires qui en disent long, cependant de façades, car au loin dans un bar, un pub, on fixe la ville, les montagnes, le village, le Caucase russe d’où l’on a été rejeté qui plus est par sa propre nation.

« Cet écrivain que vous voyez devant vous, c’est le prisonnier qui l’a créé. »

Ce peut-être la fuite vers l’Union Jack, d’autres rives, l’Irlande, le Canada, la France et chacun sait que même avec détestation de telles situations, qu’aigreur et rumination à travers et envers un certain déclin de son pays, une appartenance ainsi qu’un lien léger demeurent, malgré la condition éblouissante dont l’ADN d’être un « global native » produit à l’intérieur de son encéphale bousculé d’immigré. « The culture shock » invite au voyage, au témoignage et fait partie intégrante de la trinité suivant pas à pas les tumultes de l’humanité comme elle suivit Soljenitsyne au Goulag. Nul n’est prophète en son pays.
Alexandre Soljenitsyne ira en Suisse puis une fois l’anti-thèse russe digérée se dirigera vers les Etats-Unis d’Amérique où il sera invité à de multiples conférences sur la situation géopolitique mondiale et donnera même l’une d’elles au Sénat Américain. L’occident et ses tendances libertaires découvrent avec stupeur un homme orthodoxe, conservateur et profondément slavophile. L’océan reste l’océan, les vagues s’écoulent encore et toujours sur le sable fin, les galets aux couleurs multiples, les plages glacées de Russie, alors que lui demeure chez l’ennemi rejeté des siens. Son intelligence d’exilé, invite au musée de la découverte les sous-philosophes abrutis omettant de penser avant de l’ouvrir. Soljenitsyne fut et restera à jamais l’anti-thèse d’une gauche française et autres spécimens de la parole ruminante. Ces mêmes gyrophares du nullissime ayant encensé des années durant Soljenitsyne alors que Medvedev lui rendait un hommage national devant son cercueil. Les métèques bobos renvoyés à l’époque vers la tiédeur de leur copie sur la façon de contester l’icône tout en lui rendant hommage, le mieux étant d’attendre les funérailles et la fermer, passer sous silence leur médiocrité ramollie, à des années lumières de l’engagement révolutionnaire donc Christique d’un Soljenitsyne.

Face à l’océan, il est des personnages que l’on a mâchés et ressassés dans son intellect, chacun ayant ses mirages personnels, ses proximités spirituelles avec tel auteur, tel homme politique, tel écrivain. Soljenitsyne fit parler de lui pour de multiples raisons littéraires, honorés des prix les plus grands, des plus utiles et inutiles. L’écrivain est avant tout un homme comme le menuisier est un cortex avant de raboter, de vernir. Face à l’océan, il est agréable parfois de laisser son esprit rêver non pas sur l’œuvre, bien que ce soit celle-ci qui demeure mais sur l’homme et la complexité de l’être dont certains idéalisent quelquefois une mauvaise et douce folie, dans une assimilation qui sauve certains contemporains de la noyade mentale. Face à l’océan, les vagues brillent, se fâchent et se rebellent nous remettant le visage, les actes de l’homme ou la femme dont on a méticuleusement observé chaque pas, chaque souffle, l’imaginaire volant à la rencontre de ce lettré préféré, ses livres bien calés dans les bibliothèques mondiales. Alexandre Soljenitsyne rentrera en Russie en mai 1994 où il résidera jusqu’à sa mort. Il conservera une activité sociale intense jusqu’à ce que la maladie le retire du monde, près de Moscou. Le 12 Juin 2007, Vladimir Poutine rend hommage à Soljenitsyne en lui décernant le prestigieux Prix d’Etat. Vladimir Poutine, le détesté des droits de l’hommiste français décorant le référent de la résistance totalitaire, qui agrandit encore plus le fossé séparants l’intellect des brailleurs à toute forme de bon sens et d’analyse faite avec calme et recul. Eux sont restés dans les schémas scolaires, niant l’homme et sa part d’ombre, dénigrant la leur, scotchés sur une planète inconnue dont ils nous livrent la pollution depuis maintenant plus de trois décennies.

Résurrection :

Soljenitsyne meurt à son domicile à 89 ans dans la nuit du 3 au 4 août 2008. Comme une vague de l’océan qui s’abat sur le sable avant de recréer ce processus sempiternel du cosmos cheminant vers sa vérité, je me scénarise l’âme réunifiée en son créateur. Les yeux fermés, je médite sur sa dépouille enterrée au cimetière du monastère de Donskoï, ayant délaissé les livres de l’auteur pour me consacrer à l’essentiel de l’âme rebelle dont la paix bien méritée a peut-être retrouvé Taisia et Isaakiy. Comme une vague de l’océan, la qualité des larmes ne se trouve pas dans la peine mais dans la force du mystère de l’œil à discerner les fabuleux personnages, que le siècle passé délivra malgré son extraordinaire noirceur. Les hommes sont des rêveurs, mais combien d’entre eux sont sous écrous, - plus qu’un Soljenitsyne ne le fut durant toute son existence - incapables de s’échapper d’une prison mentale dont ils ont eux-mêmes mécaniquement érigé les miradors. Combien subissent cette prison intérieure où le rêve est broyé par la peur, la névrose de l’abandon, celle qui ramène à sa propre mort. Le matériel n’est rien, sachant que le temple se couchera et seule la parole, le verbe demeurera, et qu’un jour encore, ayant trouvé cette fente lumineuse qui jaillit au fond des gouffres de l’univers, un autre Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne peut-être encore naîtra.
Face à l’océan, je revois l’homme parler de sa voix de sabre. Je l’entends et le dévisage, le salin de la mer vient le greffer dans mon intellect, puis je me laisse aller, porté par le bruit des vagues en visualisant cette façon qu’il avait de méditer et se réaliser, de vivre en permanence avec la mort afin de nous éduquer que c’est la condition humaine qui établit la fonction.

« Cet écrivain que vous voyez devant vous, c’est le prisonnier qui l’a créé. »

Le temps

21 avril 2009

La nuit maintenant recouvre les murs de ma cité-poubelle et c’est maintenant que je pénètre le ring pour la reprise des hostilités. Mais, pour quelle raison apparente, si ce n’est celle d’appartenir au monde, de se sentir unifié à la brisure de ce globe en défiant les forces néfastes qui l’entourent. Le sens de l’élévation appelle chacun de nous à essayer de prendre le recul nécessaire pour contempler notre royaume abîmé. Puis, si tenté que l’on réponde à l’appel, à cette révolte intérieure destinée nous diriger vers un inconnu meilleur, le choix du réveil suite à l’alarme interne invisible est le karma de tout être en quête de vérité. Sa vérité. Enfin le pèlerin s’anime délaissant le pantin d’hier.
Alors que la fétidité médiatique gagne de plus en plus de terrain sur les âmes, armée d’informations lobotomisantes conduisant vers la désintégration finale de l’encéphale humain, il me faut saisir cet instant où je m’offre virtuellement pour me remplir de beauté et de poésie, de témoignages et de rencontres. Il est nécessaire que je me laisse aller lentement vers une mélancolie libératrice et maîtriser le passé, le présent, afin de continuer à balbutier vers ce futur incertain!
Commençons par sonder les pseudos rebelles de notre temps en opposition avec les originaux de naguère et mutiler, dénoncer les copies merdiques qui envahissent les tubes cathodiques planétaires.

Fraternellement.

LAST

15 mars 2009

15 Mars 2009.

C’est bien le dernier billet que je délivre ici, pour des raisons simples et explicites. N’ayant plus le temps de gérer plusieurs dossiers, comme une secrétaire débordée par les ordres d’un patron sanguinaire subit la pile papier s’amoncelant sur son bureau, je suis dans l’obligation d’obéir à mes directives personnelles provenant d’un travail d’écriture et de réécriture, de corrections et d’alinéas me pressant de délivrer tout d’abord à moi-même, les créations littéraires qui se doivent d’éclore au monde. Je ne désire pas mentionner ici quelconque reconnaissance, chacun ayant ses objectifs. Pour ma part, les miens sont plus que clairs, je les tairai par humilité et désir d’être fidèle à mon idéologie engagée il y a plusieurs mois maintenant. Le constat du faire devant implicitement écraser les dires.
Ce n’est plus la culture du blog qui me happe, mais je l’en remercie car elle fut un excellent entraînement de communication et progression stratégiques quant à l’édification de ce qui désormais suivra sur support papier.
Plongé dans mes statistiques dotclear, je remercie les quelques lecteurs qui m’ont suivi jusqu’ici. Je me permettrai de délivrer les annonces des sorties littéraires sur cette plateforme qui restera sous perfusion jusqu’à ce que www.oliviercappaert.com prenne le relais.
Je continue à suivre le chemin, accompagné des contraintes qui se greffent sur cette route impitoyable de la création artistique, notamment la problématique du temps.
À l’intérieur de cette période de crise, il est absolument nécessaire de remettre au cœur de nos vies la magie du rêve que chacun de nous possède enfouie, tapie au fond de son être, celui-ci écrasé par les boucles infinies que nous délivre la machine média. Ce que tu possèdes te possède à son tour.
Il est donc primordial d’essayer d’avancer en se délivrant des informations néfastes que chaque jour cette matrice-média-pernicieuse, nous adresse sans concession. Il est nécessaire de tout éteindre, puis également de faire silence à l’intérieur de nous-mêmes. Il est évident qu’en agissant ainsi, l’information nihiliste viendra de toutes les manières à notre portée, mais dans une mesure limitée sur laquelle on pourra reprendre un certain contrôle.
Ce que tu possèdes te possède à son tour…
C’est ainsi que je retourne à l’essentiel de mes récits prêts à prendre racine sur la terre. Je me renvoie à « À l’aise, Miroslav Bénédict fume un cigare », « Les yeux d’Orphée » « Bizarrecity » « Noémie et le livre de Judith » ainsi que le reste de ce qui voudra bien sortir de mon cerveau. La période du blog à présent terminée, je serai une fois la tà¢che externe de la narration effectuée, fort intéressé d’évoluer en association, grà¢ce aux rencontres www. que cette aventure a permis de déposer sur ma route.
J’ai donc retiré 80% du contenu de bizarrecity.fr, laissant uniquement en friche les poèmes et autres « expériences » sans but particulier tirés de mon encéphale en gestation permanente, et ne respectant aucun schéma narratif précis. Il est l’heure pour le moment de revenir au Word processeur afin de m’occuper de tous ces caractères qui vibrent à l’intérieur de mon être afin de finir le boulot.

Merci.

À l’aise, Miroslav Bénédict fume un cigare

14 mars 2009

John Gabriel Smallwood et sa femme Linda se rendaient en taxi à l’aéroport, où ils prendraient le vol American Airlines 8836 de onze heures pour Chicago. Comme d’habitude ce matin, le trafic était tendu, petits cubes roulants entassant milliers de corps aux missions obligatoires de gagner leur vie. Le monde était ainsi fait concernant le rythme mécanique journalier du travail, la majorité de la population était à la tâche la journée avec des horaires réguliers et précis, concédant au surpeuplement des villes, entassements et autres tensions pour le rendez-vous quotidien du grand télescopage des hommes. C’est en ce sens que John et Linda avaient prévu leur coup, ayant réservé la veille un chauffeur se donnant une marge d’une heure supplémentaire sur la durée du trajet, afin d’arriver détendus et zen pour les formalités d’embarquement. Une berline Audi les pris aux alentours de sept heures du matin, chargeant le peu de bagages que le couple emportait avec eux. Ils avaient également fait le plein de dollars mais aussi d’euros, en conséquence du prix du trajet jusqu’à l’aéroport, un véritable coup de massue dans le portefeuille au regard de la distance, comme à chaque fois.
« Putain d’embouteillages » pensa John, alors que le véhicule se trouvait déjà coincé au niveau de la porte de Champerret, celui-ci observant les carcasses de métal aux couleurs multiples se culbuter, avancer, reculer, s’arrêter, repartir, recommencer ce processus incessant jusqu’à ce qu’une fluidité apparaisse laissant libre cours aux accélérations des énervés du volant. Sa mission était de laisser agir son regard, créer une interactivité sur tout autre chose que les chiffres de ce maudit compteur qui augmentaient assurément, abandonnant John dans une maladie du calcul qu’il détestait par dessus tout le reste.
« La vie est tellement difficile » jugea-t-il.
Par chance ou délivrance, ils étaient tombés sur un conducteur quasiment muet, laissant le couple dans des jets de regards hasardeux lancés sur le monde, des projections multiples d’attention sur l’agitation de l’univers, une évasion complète sur les couleurs du paysage citadin. Il n’y avait rien de plus énervant pour John qu’un guide racontant sa vie, commentant les actualités du matin, dégageant paroles inutiles venant assassiner le peu de tranquillité que lui et sa femme appréciaient rechercher dans l’espace restreint du souffle urbain. Protégé de l’habitacle, chacun voguait dans son mimétisme. Linda, quant à elle se laissait aller dans l’inspection de son sac à main, examinant et fouillant maintenant à l’intérieur, se gardant de prononcer un mot, union homme-femme homogène d’avoir enfin le silence à l’intérieur du chaos du matin.
Bien calé dans le siège en cuir de la puissante voiture allemande, l’esprit de John se laissait animer par la présence des interrogations habituelles: Avenir, devenir, choix multiples, moi, surmoi, désir, décisions, indécisions, mariage, vie de couple, sexe, parents, enfants, psychologie, bonheur, paix, mourir, l’éternité, néant, l’au-delà , mon ego, insomnies et autres embrouilles cérébrales récurrentes le concernant, abandonnant son esprit bringuebalant dans une douleur intime et dissimulée. La paix intérieure était une bataille pénible à obtenir, mais c’était ainsi et il devait compenser avec des tracas. John ne pouvait contrôler ses pensées, laissant le flot l’envahir, le modifier, le contenir ou l’énerver à chaque nouvelle incursion psychologique quel que soit l’endroit où il respirait. Aujourd’hui, il avait décidé de ne plus lutter, se promettant de se donner entièrement pour le combat ténébreux jusqu’à la victoire du faire devant prendre le pas sur le dire. Tout un programme!

« Heureusement, il y avait Miroslav Bénédict » pensait-il intérieurement avec puissance. John n’était pas un fan assidu mais un mordu total de l’artiste Russo-Américain défunt, trouvant dans le guitariste décédé sa psychothérapie de soutien, n’ayant nullement besoin de se livrer à un thérapeute, la rockstar lui ouvrant millions de portes vers le soin et la guérison. Une rémission musicale, médicale et transcendantale. Il réfléchit à sa femme qui avait toujours détesté les sons et phonèmes stridents, s’interrogeant en profondeur sur son union avec elle qui n’aimait nullement cet art au langage spirituel si spécial, pire elle y était totalement indifférente. Une analyse soudaine qui l’entraîna amèrement dans une réflexion de ses choix et autres erreurs commises du passé. Maintenant, il y avait plus grave encore découlant de ces fantômes, une liste de regrets terribles pour sa santé mentale, des aigreurs le malmenant, dont une qui ne le lâchait pas, le rongeant dans une lente et sinueuse progression de mort. Une culpabilité extrême d’avoir raté le coche, d’être le plus grand des losers. Une bombe à retardement pour psychotique dans cette quête inutile que l’on nomme bonheur. C’était il y a longtemps, c’est-à -dire, dans l’océan de l’humanité, absolument rien. Le bonheur ne rend pas l’homme plus heureux, seul l’ennui tue.
John Gabriel Smallwood aurait aimé, rêvé, désiré plus que tout, devenir musicien professionnel. Mais, en lieu et place de cette aventure chimérique coulant dans ses veines, il avait suivi des études d’ingénieur, poussé par des parents symétriques et se spécialisa dans une filière informatique, puis, intégra un énorme groupe de maintenance dont il était l’un des directeurs de service les plus anciens, alors qu’il aurait offert tout ce qu’il possédait pour devenir le « John Rock’on Smallwood », sauce Bénédict, un guitar hero aux riffs saccadés, psychédéliques, anesthésiant « live » des milliers de fidèles lors de compositions devenues mythiques; peuple du rock l’adulant, le portant au zénith, au nirvana de la gloire.
C’est là -dessus qu’il avait toujours lorgné, fantasmé, être enfin un artiste accompli, célèbre et aimé de tous. Un rite intérieur qui devint rapidement une obsession dans sa vie de tous les jours, puis l’obsession évolua en une frustration qu’il rangeât finalement de côté, se débattant seul avec la façon dont elle muta, une insatisfaction terrible d’un destin inaccompli, opérant des dommages collatéraux à l’intérieur de son mariage. Car dans ce désir, il était bien question d’amour et nullement d’autre chose. Le manque d’amour et de reconnaissance avaient toujours été présents à l’intérieur du karma des artistes les plus tarés. John Smallwood avait été un de ceux-là , une bombe humaine en sommeil rongeant son frein, dont la passion s’était aujourd’hui transformée en aigreur de l’inachevé, un désir inassouvi, en conséquence: un bonheur inexistant.
Car taré il l’était. Artiste également, mais un peu comme monsieur tout le monde, témoignant de ses œuvres inconnues, par des « je suis en train », « j’aimerais », « je vais », Et cetera. Il était précisément une vedette en perpétuel devenir, et c’est bien cela qui le consumait. John n’avait jamais eu les couilles de s’affirmer, de changer sa vie par un « dorénavant, je suis! »
Non, au lieu de cela, il subissait. Il encaissait lentement mais sûrement.
C’était bien ce sentiment merdeux qui oppressait son coeur violemment, le repoussant dans ses limites les plus éloignées, saccadé de palpitations féroces. Personne ne désire être écarté de la quête d’une paix durable, l’être humain en vain, cherche ce qu’il ne possède pas, assassinant le désir et le manque une fois seulement, la satisfaction atteinte. Même celui qui se pend tente en quelque sorte, de s’extirper d’un état intérieur des plus horribles, dans la perspective de retrouver une quiétude finale, un bonheur désespérément, par la pire des sanctions envers la vie.
« Même celui qui se pend », réfléchit John profondément…
Il se souvint du jour, où seul dans sa salle de bains, il avait eu l’intention de gober des dizaines d’anxiolytiques qui l’auraient fait dormir à jamais pour échapper éternellement à la frustration. Très vite, l’idée de Linda se retrouvant seule, eut suffi pour ranger cette stupidité à jamais dans un des tiroirs de son cerveau grillé. Même celui qui se pend, rumina John une nouvelle fois. En lieu et place des benzodiazépines, il était retourné au combat vain. Se sentir frustrer et ruminer inlassablement sur son sort, délaissant sa femme accompagnée de son mécontentement personnel envahissant l’environnement du couple.
Lui, ne s’était jamais donné la chance. La chance du musicien. L’aubaine d’essayer.

John sortit de son fondement interne écartelé, dû à un son strident de moteur non identifié qui vint l’extraire de son cachot intérieur.
Alors qu’ils étaient rentrés tant bien que mal sur l’autoroute A1, infrastructure également saturée en bagnoles, le taxi délivrant un compteur qui affichait déjà 18 euros, Linda Smallwood ouvrit la bouche. C’était un phonème gracieux, docile, régulier.
- Fais-moi penser à acheter un poisson rouge en rentrant des US s’il te plaît, cette fois-ci je ne peux plus attendre John, lui dit-elle, assurée dans ses paroles. J’ai besoin d’un symbole afin de remplir ma vie d’un manque chronique, d’une disparition inconnue flottante en moi depuis bien trop longtemps. Et puis, mise à part le désir de combler mon vide, j’ai toujours voulu en posséder un, qui plus est, on pourrait peut-être le mettre en valeur sur le meuble du salon, à côté des plantes universelles qui ne meurent jamais, cette unité apporterait une décoration magnifique à l’appartement, n’est-ce pas John!
Qu’en penses-tu?
J’ai toujours rêvé d’un poisson rouge John… John!
Linda délivra son mari de Miroslav Bénédict et de pensées sexe drogues & rock’n'roll les plus éparpillées au plus grand désarroi de John, déconnecté dû à ce propos sortit de nulle part, dénigrant le rêveur authentique qu’était son époux, alors qu’il s’était auto-projeté sur une scène de festival en plein air, jouant live les derniers missiles de son dernier album. Linda le réintégra dans la réalité du taxi déclenchant chez son mari une hystérie intérieure qu’il contenait tant bien que mal. John n’appréciait nullement ce genre d’intrusion et ses yeux une fois encore, le signalèrent à Linda, creusant plus en profondeur de ce petit détail supplémentaire, le fossé béant les séparant.
« Même celui qui se pend », rumina-t-il une nouvelle fois.
- Quoi, lui dit-il, sur un ton semi agressif, étonné de se retrouver en dehors de son cerveau et des chimères projetées sur un autre qu’il ne serait jamais, suppositions qu’il avait certainement créées avec l’occipital de face.
- Un poisson rouge John, tu te rappelles, j’en veux un affirma Linda d’un ton ferme!
Les yeux du conducteur vinrent se poser dans le rétroviseur, surpris de ce massacre du silence.
- Ok, bien sûr lui dit-il avec complaisance comme pour se débarrasser d’un énième caprice de bonne femme, d’une lubie qui ne lui servirait à rien. De plus, c’était hors contexte pensa John, c’était toujours hors contexte avec Linda.
À présent, il fulminait intérieurement, il aurait voulu posséder un « SIG SAUEUR 9 millimètre » pour en finir avec ce semblant de vie dans laquelle coupable, il avait plongé tête baissée. Il en avait marre. Un ras-le-bol contenu ayant envie d’exploser depuis des années. Des dizaines de mois d’un insatisfait trop plein, alors qu’elle ne comprenait pas, elle ne comprenait rien, elle ne comprenait ab-so-lu-ment rien. John était un homme malheureux aux bras d’une femme aveugle et il désirait à cet instant précis tout décimer, mais l’amour…le laissait stoïque et tétanisé dans une attitude de connard figé dont il ne pouvait s’extraire. Une mixture comportementale qu’il gerbait maintenant, chaque jour de son existence.
Les orbites du conducteur avaient déjà regagné la route, concentrés comme jamais sur les lignes monotones formées par les milliers de véhicules. Un sursaut vint s’emparer de la rockstar imaginaire. John s’empara un instant de l’image d’un poisson rouge s’égaillant dans son petit aquarium, Linda admirative satisfaite du besoin comblé, lui servant une nourriture lyophilisée trois fois par jour, tout heureuse et calme d’avoir un poisson, un désir assouvi, un bonheur complet. Alors que lui se targuait d’autres prérogatives autrement plus importantes que cette fantaisie de bestiole à nageoire.
« Et si je n’en voulais pas moi de ce poisson, si je ne désirais rien d’autre que la paix, être loin de cette friture rougeâtre et des caprices de ma femme. » Il sombra à nouveaux dans des images faites de passé et de futur, délaissant une fois de plus l’essentiel d’être situé dans l’instant présent, plongeant dans le gouffre étiré de leur rencontre et de l’incompréhension en découlant: une incapacité à se déchiffrer, se sentir, se connaître, ayant établie une frontière entre eux, une ligne de démarcation béante. Elle désirait un poisson, il voulait être musicien. « À quel moment, la crevasse de la discorde s’était donc installée, comment avaient-on pu en arriver à ce niveau d’insuffisance et de non-dit », s’interrogea John.

Une mélancolie le gagna, une nostalgie douce et tueuse, rongeuse d’esprit et de joie.
Le taxi filait maintenant à l’intérieur du trafic redevenu fluide. Finalement, ils arriveraient à l’aéroport en avance, de quoi tuer le temps dans un café, acheter quelques magazines ou peut-être un livre pour le voyage. Linda continuait à trifouiller énergiquement au fond de son sac, elle cherchait et ne cherchait pas, exécutant des gestes nerveux afin de l’aider à gérer les minutes défilant. Peut-être que le désir de posséder un poisson rouge était sa façon de s’harmoniser avec le quotidien d’une journée, peut-être possédait-elle aussi des rêves secrets, enfouis au fond, tout au fond de son être, joyaux multiples n’ayant jamais jailli, peut-être était-elle également rongée de ce cancer que l’on nomme regret.
John l’observait du coin de l’œil non sans une certaine nostalgie, celle des années et des manques. Il avait délaissé sa pulsion assassine, cette colère amère sismique, et la contemplait dorénavant avec douceur. Malgré son agacement, il éprouvait pourtant une affection illimitée pour Linda. Elle était sa compagne, celle qui l’avait toujours soutenu, son pilier présent dans les coups durs et n’était-ce pas là l’essentiel de la vie, essaya-t-il de se confirmer comme pour se protéger d’une issue contraire, de pensées confuses faisant éclore une éruption volcanique aux questions multiples attisant l’indécision, cette même indétermination qui l’avait drainée tout droit vers la condition dans laquelle il nageait aujourd’hui. Un homme marié, marié et fade, fade d’une routine désolée sans saveur qu’il avait développé au fil des ans. Il s’était recroquevillé intérieurement si fort que ses gestes conjugaux se bafouèrent d’eux-mêmes, délaissant Linda à son boulot d’infirmière, au destin d’une femme en quête d’un bonheur dont la réponse était censée rejaillir dans l’acquisition d’un poisson rouge. John, sans en partager avec elle le contenu de ses tourments internes, lui offrait un quotidien négligé, privé de gestes doux et d’attentions sentimentales réparatrices; l’abandonnant simplement, il se sentait impuissant pour inverser la donne.
« Ruminer Miroslav, acheter un poisson rouge… et, tout irait bien » pensa-t-il. « Vraiment, l’humain se fourvoie dans sa propre connerie! »
Oui, il s’était déconnecté de Linda, Linda de lui et ainsi roulait le taxi accompagnant les Smallwood vers l’aéroport, silhouettes espacées de quelques centimètres sur la banquette arrière du véhicule mais distantes d’années lumières terrestres et psychologiques. John ne prit pas garde, non, il s’en alla ailleurs.
Tout avait débuté avec Miroslav et tout finirait avec lui…

EXTRAIT: À L’AISE MIROSLAV BENEDICT FUME UN CIGARE

Iris

14 mars 2009

Révolution de l’œil
Johnny Générique médite arbalète
Flèche l’amour invincible
Invisible éphémère
Main, adhérente collée, caressant l’amant
Empoigne coeur, dé-structure Adam
Réitère nouvelle Eve
Å’il visionnaire, débonnaire
A l’égard de Lauren Wood
Famas en bandoulière, Bloc Trois émerveille Bizarre City, poèmes de l’espace infini, métaphysique des contes sans guerres, vendeurs d’armes en temps de Paix, prévenir non guérir, danse, arpente, métaphore, régénère corps sur l’électro-transe, lettre-transfert chimérique de Bruno B, Amsterdam-er, tabac écàurant des cancers larynx, plasma, palais, langue contaminée, développe structure de mes contes. Acquisition du langage, transmission code botanique à l’autiste, le contempler subsister, visualiser l’amour platonique envers cette déesse qu’il consume, flirtant, tutoyant l’onde cosmique charnelle inaccessible, fusion visuelle de la rétine, puis, lentement, en douceur, choroïde, sclérotique, ligament suspenseur, papille optique, nerf optique, fovéa, corps ciliaire, chambre antérieure d’humeur aqueuse, lame criblée, compartiment postérieur, corps vitré, iris, cornée, pupille, passe temps des hôpitaux, témoigner de son atypique parcours, le reporter de guerre rapporte de la guerre, le jardinier sur les fleurs, le chirurgien des bistouri, pouls, artères bouchées, drains et autres récupérations organiques, nonobstant, Hans Ferguson, abandonne l’ostentation du monde céleste des yeux d’Orphée, émancipation, l’otage Sauveur Benelux, l’enfant, tranquillement récupère dans le ventre de sa mère. Champion de la procréation, mais l’iris, le globe…
Trois petits points oculaires, sens ophtalmologique, mystère incalculable de l’Amour, serviable, ne jalouse pas, ne pas tenir compte du mal, supporte tout, endure tout, fin de paragraphe litteratech.com, souviens-toi des jurons, cracher le fils de l’homme alors que vue, il redonne. Toutefois, alors, poubelle London, puanteur des astres urbains, crée de main de l’homme, camaraderie du rat des villes, lien désintoxique l’homme perdu, l’iris persévérant, saisit ciel azur, asphalte limpide, cobalt uni tel katana, seppuku l’abdomen du raté, aube renaît inlassablement acide misère… Mais alors,

Azalée, je veux être
Fin imminente du dictateur
Remplacer, promptement, nouveau despote
Parti démocratique, en fait assassin

Points de sutures négligés
Concéder cicatrice oblique
Peau écarlate homme somnole
Tourmenté, poids des ans… Fatal
Fiévreux, effet, long voyage
Iris illimitée libère magnitude
Les yeux d’Orphée renouvellent
Satisfaire Bizarre City, ses anges en conséquence
Quête de ministère
Résume vie qui rompt
Tangente assidue
Parfois droite, honteuse, lumineuse
Immoler excès intégral
Harponner tutelle de l’orgueil
Répandre sur l’autre
Homme amoindri, esclave
Concile chirurgical
Décider sort, l’administré chimio gémir
Puis, mourir… Isolé
Nomenclature médicale
Rendre Grâce l’hémoglobine, 5 milliards et plus
Lymphocytes laconiques, ganglions présents
Parallèle Cocoon
Pilule de jouvence
Uniquement camériste, émorfilée
L’esprit restreint d’Hollywood
Régularise, formule leucocytaire
Pacha endormi
Alors que Panda crève
WWF campagne sur www.
Réseau mondial, extraire tout et son contraire
Fréquemment merde atomique
Reconsidérer science de l’écran 17 pouces
Crédit consommation, consolation
MSN, toi aussi fils de chien
Vodka de l’univers, iris à cheval sur ligne digitale
Plébiscite Salpêtrière
Sous-sol IRM cérébrale
Trois fois tunnel de l’aimant
Semblablement syncope recueillir
Prie Holy Spirit
Unique pourvoyeur de cellules saines
Paralyser esclavagisme, névroses profondes
Analyse Freudienne sous cocaïne légale
Brûler superflu, décider l’iris impartial
Oui, qu’il le soit
Non, qu’il le soit
Ressuscite manuscrits de l’iris
Persister entre les deux, sclérose humaine des faux-rois
Pupille purifiée, arrache l’autre, coupable… De
Transgresser loi, mathématiques perdues
Microviseur roi, troisième œil, trône impérial
Glaucome opéré, respire, libéré, carcasse oculaire vieillit
Enfant de nouveau ressurgir

Comète

12 mars 2009

Les comètes d’Halley et de Encke vrillent ma tête par-dessus l’acte nécessaire de survivre. La préoccupation des éléments du corps nous empêche de contempler les comètes perchées là -haut, plus haut. Quel dommage de ne pas saisir l’opportunité de pouvoir se décentrer du malheur afin de contempler météores et autres supernovas, firmament surplombant l’homme déchu, l’homme déçu. Il y trouverait la solution, réponse à ses soucis, son sort. Comment s’y prendre pour faire évoluer sa destinée sans trop se focaliser au chaos intérieur, c’est la question majeure de notre temps. La sortie d’épreuve étant de s’intérioriser, mais non à l’identique de nos plongées cérébrales, lorsque soucis et tracas nous envahissent, afin de peut-être commencer à nécroser les tumeurs, et, enfin consacrer les comètes contenues ne demandant qu’à irradier.

Laconique enfant déçu
Patiente, comète en toi somnole
Solliciter permission, sans cesse agir
Prendre en main destin sulfureux
Messe appelle, délibérément vide
Magnifier comètes, intérieur temple
Puissance Divine reste seule, bannie des hommes
Ego remplace paix stable
Ego amblyope corps sain
Diriger l’énergie sur misère
Délivrer amours prisonniers
Alors fœtus enfin s’abreuve
Règne vital, art floral, nébuleuse scintille
Abandonner, danse l’hémiplégique
S’élever, sectionner cordon-mère, chaà®ne entrave
L’aigle liberté, harponner enfin décollage
Couper vivres, névroses finalement, crève
Hall-Bopp dénude mer South England
Piano Chopin, ressurgir l’hiver
Souvenir, parrainage de l’oncle défunt
Censeur, contenir, assauts parentaux
Analyser père fantastique
Envol de l’oiseau émancipé
Remarquer, pleurer, rayons du soleil, s’émouvoir
Survol de l’aigle
Je suis sur la plage
Bras en croix, sable, ma couverture vitale
Dunes de l’invisible, référence à ma vie
Scinder émotions, émoticones inutiles
Dissolu dans l’arène, je suis…
Octave angélique, ouà¯r Pink Floyd
Dark side of the moon, marche funéraire
Ou pas
Genèse de l’au-delà , regard divergent sur site
Adulte devenir, pointillé assassine l’humain
Money, fils de chien, libère larfeuille hautin
Pèlerinage terrien, obligatoire
Préalablement rejoindre comète
Intersidéral est l’homme
Incommensurable est la femme
Geindre l’orgasme de l’amour
Laisse l’épouvantail satanique à l’enfer
Discerner, pustule, putride, sang
Épisode, refus de laisser m’envoler
Vasculaire cérébral, téléphone 1/Semaine
Comprendre, je meurs de ces liens
Comète genèse, craindre, honorer Dieu
En premier lieu, oublier père, mère, femme, enfants
Créateur, moi ta créature, ordonne, j’obéis
Puissance de l’invisible sur matière néant
Trompe l’œil, réhabiliter comète, menant au berceau
Balance, peser l’à¢me, voir l’Amérique, ma UK
Encore une fois
Somme toute, créer complicité
Je chéris douceur, rythme démesuré
Cristallin de l’écriture
Quand tu m’étreins
S’exprimer, du moins essayer
Lorsque chiens aboient, errants, prêts à abattre
L’enfant ne mutant jamais homme
Que mère cherche à monopoliser
Combat suprême, reproduction cyclique
Un jour mourir, aucune issue
Être jugé, Dieu infiniment bon
Merveilles du Très haut
Procure l’amour, l’humain répondre
Ou pas
Liberté
Autre merveille du Très-Haut
Puis, corps moisi, pourriture
Esprit illimité
L’enfant, adolescent, adulte, vieillard
Finalement, brasier de l’amour
La boucle
Redéfinit système du gamin
Retour au chérubin
Dans la balance, une fois extinction cellules
L’explication, l’analyse
Il y a le péché et le pécheur
Deux processus totalement distincts
En ce lieu, comète, laisser filer l’à¢me
Désolé, cette fois, je fuis
Pour toujours
Aucune attache
Récupérer comètes
Qu’est ce que ça peut faire
C/ longue période
P/ courte période
D/ disparue
Je file, élevé de mon tapis de sable, un chemin d’étoile m’honore, me soulevant de cette terre dont je n’ai jamais vraiment compris la substance, j’aspire grandir, au milieu de cette foire, les bêtes surgissent, non pas démonstratives, simplement sinueuses, elles tuent et n’osent pas changer afin d’entrevoir l’art floral, possible, de la liberté. Mourir à soi-même, étoile Filante, passagère, rejoint comète immortelle, enfin, je suis.

Rosa

3 mars 2009

Regarder, de mes mains broyer l’anarchiste
Vois l’éloge, Aquila toi mon pôle
Observer génies, lorsque rideau d’azur décline
Coucher du créateur, toujours repose sur l’homme
Sicily Hitman développe style
Peindre rayons de flammes, observer la nature
Peindre principes, angles du beau
Peindre jusqu’à perdre haleine
Marche militaire en moi sommeille
Discipline du tirailleur, commencé par là , j’ai
Fantassin de l’art Divin
Découvrir plénitude de mon astre intérieur
S’émouvoir de la rose, elle sanglote à l’aube
Genre Rosa, développe mon Eden
Genre Rosa, encre moi au souterrain de lumière
Passer sa vie sur un Avé
Prendre soin de mourir droit
Aligné dans son être, façon paléontologue
Remercier négation, base de résurrection
Rendre gràce pour le vil, oui, le méchant
Sache, qu’en secret, Rosa, insomnie pour nous-même
Siège collé, cocsic usé, montant rêveur du perdant
Défier flammes de l’enfer, ordonner, agripper position
Inondation des pores, averse salvatrice
Alors qu’anges rebelles poursuivent déclin
Rosa, Mademoiselle, suit son chemin
Pèlerin de l’univers, je me suis transformé en bouton, une rose, rien de moins sacré, je sais, égocentrique de la mère florale, puisse l’œil de la divinité observer les villes en combustion, dépérissant sous nihilisme aveugle, relativisme rompant d’élites inexistantes.
Rosa tu sais.

Malgré le réseau

2 mars 2009

En rupture avec le temps, cordes vocales dominées
Alors que politique, fléau enragent planète dormante
J’éprouve le vol du corbeau rasant ma fenêtre
Annonciateur du monde nouveau
Telles mers se déversent sur les villes
Hommes et femmes en conflit sans prendre connaissance
Trop tard, unis, un enfant est né, une catastrophe
Piètre prestation de nos descendants
Mariage est consumé, sans réflexion pour vie entière
Sous bannière de tentation, plantée, vie apaisée
Si laisse brisée, femme et homme trompé
Erreur de jeunesse, solitaire indigne de notre heure
Génération merdique, perdant des enfants cuvée 1950
Briser liens, délivrer aussi, malgré maintes fractions
Carrefour impossible de confrontation amoureuse
Se pencher sur vie, regret, échec tendre
Te saisis aux tripes, enfant désagréable de tes bêtises
Sans vivre présent d’avec ton homme, ta femme
Joues, brûle ta chaire à prévoir
Séparé, en quête de bouleversement affectif
Solitude tu ne supportes point, dès lors que brutalité te consume
Une femme s’en va et tu pleures, enfant réclamant son dû
Confondant rôle qui t’est donné
Assimile départ et pertes, tu vois pour elle
Pour toi, il te faut élire
Puis tu craques, réseau Web dans souffrance
Tu clic, recherches, remplaçante à belle envolée
Machine à remonter le temps du désir
Tu prospectes sans sourciller ce que malheur t’as larciné
Consommé, tout doit se produire, ne t’appartient nullement
Lambeau de viande et sale gueule, bois-tu alcool pour gommer
J’ai pénitence pour toi, ce malgré vent du silence qui t’écroule
Rempli de ressources tu renfermes
Malgré les réseaux, en vain tu disparais
Dans misère routinière de l’ordinateur neuf
Mieux briser ta vie, obtenu, tu l’as enfin cette technologie
Obligation également, d’écouter vol du corbeau
Volatile superbe, venu te délier
Pour que mourir, tu puisses en accord
Et, ce, malgré les vortex, le réseau
En paix reposer.

La dernière lettre

2 mars 2009

Amour, je t’écris cette lettre
Ce sera donc là , ma dernière missive en provenance de cette geôle
Fortin ou j’élis demeure depuis si longtemps, autrement dire rien
Une goutte d’eau dans la création, écrin à peine perceptible
Parmi ce firmament écarlate laissant place à la luminosité stellaire
Prison dorée expansive sur un monde sans barreau
Cachot psychologique, forteresse, brisant l’âme et toute fortune y résidant
Car endolorie, asservie, additive, esclave, d’une arène sans antidote
Accorde- moi, amour, cellule, code génétique, pénitence exquise
Je discerne à travers les lucarnes de cette perpétuité allégorique
Les nuages de mon destin en fragments
Résurgent désir de scintiller mais point en ce lieu, alcôve dégueulasse
Néanmoins protectrice, sclérose mensongère
Sur la façon qu’à l’enfant d’oser
Passe en boucle Dj’s, drum ‘n’ bass mélancolique
Je ne suis pas isolé, nu parmi des millions
Fréquemment la plainte m’envahit
Et ma bouche, lèvres ne gémissent point
Ce peu de force inscrit dans mon psychisme abimé
Ce fut le temps des médications
Trois-quatre années plus tard, prendre le siège du recul
Contempler folie frôlée
Aucun junky ne vaut plus qu’un autre
Laisse-moi te parler de mon Stalingrad
Il me fut offerte occasion de le visiter
Touristique épreuve aux mains liées
Enrhume épiderme des somatisations instables
Format word, toile www.
Libère factions du mal, afin d’agir quelque peu
Communiquer son amitié, parfois peu comprise
Typographie graphique de l’imperceptible
Ce putain de cénacle dont je fais partie
LTJ Buckem balance un putain de son
Subséquemment dehors, gouttes de pluie s’abattent
Printemps peine à s’épanouir
Striduleux appel des Jonathan Livingstone des marées noires du passé
Laisse excéder le Caire, ses sphinx touristiques
Dévisage pauvreté pittoresque
En condition de sphincters travailleurs
Inhaler le cachot me tenant par les couilles
Gerber la gueule des politicards véreux
Toutes ces fibroïnes de Neuilly sur seine
Quant au gauchiste merde gamelle
Lui et sa larme puante du Tibet
Coups de caméra dans la gueule
Laisser cerveaux dégueuler sur les pleureuses bourgeoises
Stage en voie ferrée du côté de Drancy
Ensuite les dévisager s’effacer dans des voisinages reclus
Faire exploser un Poitou-Charentes, bonne conscience n’est-ce pas
Détoner la constitution, celle-ci parasite institutionnel
Conglomérer les libres-penseurs de la société urbaine
Pisser à la raie, un bon jet, leur exprimer un mépris sans pitié
UMP, PS, PC, Verts, Modem, etc… Même chiasse
Bien extérioriser sa colère sur document afin de jaillir serein
Littérature technologique sans clôture, cette Europe qui se meurt
Célébrer trois ans de pseudo science chez un petit con boutonneux
Batte-Baseball-er les télévisions et animateurs crasseux
Encore et toujours, continuer à raisonner, différent, c’est plus sur
En contrepartie du rachat de la balance de l’âme

Une fleur éclot
Ligature pollen mourir sous l’abeille
Se munir d’un périphérique contradictoire
Instant T, ou j’appuyai sur la gâchette de mes souvenirs
Vers ce torrent d’angoisse, lorsque je chialai merdeusement
Sur la défaite de mon lit d’hôpital
C’était en intubation bronchique que je compris qui j’étais
Laisser découvrir qui l’on est par ses récits
Laisser s’interroger jusqu’o๠l’épreuve
Laisser se questionner, quelle fiction, quelle réalité
Tabasse dépression cérébrale sans drogue illégale
Ramasser ordonnance menant au suicide
Occasionnellement nécessaire
Une fleur éclot, l’énumérer, gommer ce moi polluant
Remplacer une femme ne serait-ce qu’une journée
Faire connaissance de ce versant féminin
Toi aussi macho, enfoui sous ta race putride
Cependant légitime
Couche épaisse de connerie, muselant le beau à jamais
Balancer brutalement un recueil de poésie
Parfaire technique dans la discipline des quantièmes
Agiter les textes puis, tranquillement
En avoir rien à foutre, principalement des conséquences
Les offrir au monde telle la générosité de l’enfant oublié
Charlotte, souvent si douce, ou es-tu, je me souviens de toi
C’était en primaire, lorsque j’étais inapprochable, répugnant, loin de la masse
Vint l’acné purulente, pourriture mondaine de l’adolescence
Sans ce calvaire, Damas ou chemin de +
Pas de vocables aujourd’hui, litteratech.com
à‰claircit ma vie faite de monastères intérieurs
Combattant à l’infini contre les milices du démon
Mal intime, soupçonner ce concept d’ennui paralysant
Tout mène à réfléchir une dérive certaine
Bien au-delà , cette lettre qui performe
Alors que la douce ambrée
Descends de l’autocar, des années auparavant
M’escorter ce jour, lorsque je sors un Glock 17 prêt à discourir
Résister à la folie de l’automatique énervé
Cette éjaculation de seconde
Filigrane tendre, fragile, sur lequel nous tenons tous
Revenir à la missive
Amour tu suspectes que je m’égare
De cette table
De cette fenêtre
De cet horizon que je détiens
Nullement
Aucunement
Du tout
Une fleur s’éveille
Il est l’heure céleste d’en deviser
Peu ou proue, lui rendre hommage
L’azur retombe instantanément, va de haut en bas, la transsubstantiation effectue son labeur précis, fin et authentique, chaque année, à la même heure, le deviner, voir ce boulot d’artisans grandir en soi, une rare beauté qu’il est bon de polir, chaque intervalle déclinant dans le macrocosme humain paniqué. Contempler à genoux ce bouton, ses pétales, nos vies qui se défont au fil du temps, périodiquement, renoncer au confort, travail de fond invisible, préparant l’après, cette paix enquêtée de tous. Outrepasser les frontières privées du détective ne servant nullement, pouvons-nous, c’est certain, analyser les gestions déchues, interceptées de diverses propositions erronées de notre part, sueur, transpiration de ce conclave personnel dont on ne s’évade jamais. Elle crie, cette voix, cette cantatrice intérieure, solitaire, elle attend la fleur, puisse débattre ainsi du concept de l’ornement. Voici:

Une fleur daigne poindre, calice formé par l’ensemble des sépales, rattachement au pancréas fiévreux sur lequel l’homme tremble, sanglote ses cigarettes, l’excès d’alcool et de fantaisies inutiles, sans sapidité, sans délectation, sans persévérance donné au temps de la dégustation, compréhension de l’arôme alimentaire, de la selle du fruit, de l’exhalaison de la fleur. Se défoncer dans la lenteur, gloutonnerie de l’inacceptable rapidité, choisie par la prérogative pulsionnelle humaine, le foie, impair et asymétrique avertit d’une alarme sans concession, mais dont l’homme ne respecte point la complainte légitime. L’appareil permet la reproduction, la pollinisation, les croisements avec d’autres plants de la même espèce…Tel légiste et sa recherche d’identité génétique. Laisse poindre le rai de lumière, majestueux, le satellite se délecte de l’empreinte du bitume exagéré, des trous béants creusés par les villes suspendues à l’échelle de Richter, quelle ingratitude tellurique, alors que l’évolution suburbaine la transperce, écorce, épicentre souterrain du caniveau, antagoniste de tout sourire féminin. Le bouton de fleur, à l’opposé de son droit juridique le plus incontestable se meurt, chaque fois, que l’homme lui oppose son pesticide, sa pensée néfaste devinée par la flore tout entière, masse noire, goudron, mazout épais, gluant, collant, encéphale, Amococadis, Erika du système nerveux, saurais-tu emprunter un jour contigu, l’approche, l’amorce de cette synthèse nommée “changement”! Suffit, voici ma dernière lettre, amour, passe en colonne les bataillons de ma vie déchue, ils sont là , les renonculacées, crucifères, papilionacées, campanulacées, labiées, orchidées, roses, également, elle, azalée, brugmansia, lilas commun, magnolia, rhododendron, rosier, violette, tulipe, lys, fleur de l’églantier, périanthe, ovaire, carpelles, pistil, anthère, éveille en moi l’Hanami de la beauté intérieure, de la valeur, des caractéristiques particulières et autres qualités fondues dans ce défaut premier, grotesque, père de tous les vices de ne point m’accepter tel que je suis.

La dernière lettre
Je la chéris et te l’adresse
Non à toi, fiancée dont je ne partagerai jamais la vie
Au grand sacrilège de ma quête perdue d’avance
Voilà , les échecs, le roi fou, survivants devant l’instant ou je pars
Quitter le lieu de chair, enrôler celui des cendres
Manifester compassion, rien qu’une fois
Cette dernière lettre tutelle
Je ne subsisterais jamais, point barre
Muter enfin, pleinement, entièrement sans désir
L’ange blond au loin m’examine, la crainte m’envahit
Moment crucial que de partir
La dernière lettre cérébrale, prochainement spirituelle
L’heure ou…Davantage un corps
Qu’une pétale de fleur, celle-là même qui se détache devant toi
Dans ce jardin fleuri, calme et silencieux
Ou tu lis ces sentences
Alors que je n’existe plus
Totalement absent, entier, réuni et complet